Aller au contenu

Alpina ACS 46 : notre avis sur cette tronçonneuse thermique 45 cm³

    👤 Par Jean-Michel · ⏱ 6 min de lecture

    Quarante-cinq centimètres cubes, un guide de 18 pouces, une chaîne Oregon montée de série : au premier coup d’oeil, l’Alpina ACS 46 a tout de la vraie machine à bois de chauffage. Le tableau technique du fabricant glisse pourtant deux chiffres qui refroidissent, et cet avis les regarde en face : ce sont eux qui décident si elle est pour vous.

    3,7/5
    Notre note
    Alpina ACS 46 : bien équipée, mais lourde et remuante
    🪵
    Cylindrée45,02 cm³, deux temps
    Puissance1,8 kW (2,45 ch)
    🌀
    Vitesse de chaîne21 m/s
    📏
    Guide45 cm (18 pouces)
    🔗
    ChaîneOregon 21BPX, 72 maillons
    📉
    Vibrations8,02 m/s² à l’avant
    Puissance de coupe3,5
    Démarrage & entretien3,8
    Maniabilité2,9
    Robustesse3,7
    Rapport qualité-prix4,6
    On aime
    • Chaîne Oregon 21BPX de série
    • Frein de chaîne manuel et inertiel
    • Lanceur Easy Start, effort divisé
    • Pompe à huile réglable automatiquement
    • Guide de 45 cm et chaîne Oregon
    On aime moins
    • 8 m/s² aux poignées, le double d’une pro
    • 6,4 kg, un kilo et demi de trop
    • 21 m/s, moins vive que sa petite soeur
    Pour vous si
    vous montez trois ou quatre stères par hiver et voulez un guide de 45 cm avec de la vraie visserie Oregon, sans viser une grande marque.
    Pas pour vous si
    vous coupez chaque semaine, car ce niveau de vibrations et ce surpoids se paient en fin de saison.
    Le verdict : l’équipement est étonnamment complet pour la catégorie, avec un frein inertiel, un lanceur assisté et une chaîne de qualité montée d’usine. Ce qui plombe la note, ce sont les deux chiffres que le fabricant publie honnêtement : 8 m/s² aux poignées et une balance qui dépasse les six kilos. Une machine d’appoint sérieuse, pas une compagne de tous les jours.

    45 cm³ et 1,8 kW : ce que cette tronçonneuse Alpina met dans la coupe

    Le bloc deux temps affiche 45,02 cm³ pour 1,8 kW, soit 2,45 chevaux, et grimpe à 11 000 tr/min. La chaîne défile alors à 21 m/s. De bonnes valeurs de machine d’appoint, dans la moyenne de sa catégorie.

    Face aux références de même cylindrée, l’écart reste mesuré mais réel. Une Stihl de 45,6 cm³ sort 2,2 kW, une Husqvarna de 45,7 monte à 2,1. L’Alpina rend trois à quatre dixièmes de kilowatt, ce qui se sent surtout en bois dur.

    Sur le terrain, elle traverse une bille de 35 cm sans mollir et enchaîne les stères de résineux sans caprice. Le chêne sec l’oblige à ralentir, sans jamais la faire caler. La cylindrée fait le gros du travail, l’affûtage fait le reste.

    Tronçonneuse thermique Alpina ACS 46 de 45 cm³ avec son guide de 18 pouces

    Pourquoi l’ACS 46 coupe moins vite que la petite A 3700

    Le constat déroute, et il sort du catalogue maison. Cette 45 cm³ lance sa chaîne à 21 m/s. L’Alpina A 3700, avec ses 37 cm³, atteint 24,4 m/s. La petite fait défiler le fer plus vite.

    La logique est mécanique. Le pas de chaîne change entre les deux machines, et le pignon avec lui. Un 0.325 pouce déplace une gouge plus large et plus lourde, donc plus lentement, mais il arrache davantage de matière à chaque passage.

    Ce que l’ACS 46 perd en vitesse, elle le récupère en volume de copeaux et en profondeur de coupe. Un guide de 45 cm ne file pas à 24 m/s avec 1,8 kW sous le capot. Pour débiter des stères, l’arbitrage est le bon.

    Chaîne de l’ACS 46 : une Oregon 21BPX et 72 entraîneurs

    Bonne surprise, Alpina publie la référence exacte de la chaîne montée en usine. Trois chiffres suffisent ensuite pour ne jamais se tromper de commande.

    • Un pas au format 0.325, standard des thermiques de bois de chauffage.
    • Une gorge de 1,5 mm, écrite .058 pouce sur les sachets.
    • Les 72 entraîneurs comptés sur la chaîne montée en usine.

    La référence complète est une Oregon 21BPX-72X, une chaîne à gouge carrée de niveau semi-pro. Ce montage vaut mieux que la moyenne du segment, où beaucoup de fabricants livrent une chaîne bas de gamme d’origine. Elle se remplace en jardinerie, sans commander à l’usine.

    Alpina ACS 46 vue de l'autre flanc, poignée arrière, gâchette et carter gris

    Le « 46 » du nom n’est pas la longueur du guide

    Le piège est bête et il fait acheter le mauvais fer. Plusieurs enseignes annoncent une lame de 46 cm, en toute bonne foi, parce que le chiffre est dans le nom du modèle. La fiche officielle dit 45 cm, soit 18 pouces ronds.

    Un guide se commande en pouces, jamais d’après un nom commercial. Le 18 pouces de cette Alpina accepte une chaîne de 72 entraîneurs, et là-dessus aucun revendeur ne se trompe. C’est le seul chiffre qui compte au moment de commander.

    Quant à la coupe réellement disponible, elle reste plus courte que le fer, puisque la partie noyée dans le carter ne travaille pas. Comptez traverser des billes d’une quarantaine de centimètres en une seule passe, pas davantage.

    Détail du carter et de la poignée avant de la tronçonneuse Alpina ACS 46

    8 m/s² aux poignées : le point qui plombe l’ACS 46

    Voilà le chiffre qui plombe la note, et il faut saluer Alpina de le publier. Le fabricant relève 8,02 m/s² à la poignée avant, 8,55 à l’arrière. Une machine de concession vibre deux fois moins, autour de 4.

    Le sonomètre suit la même pente, 109 dB(A) mesurés et 112 garantis. Une thermique reste une thermique, celle-ci ne fait pas exception. Le casque se met avant le premier coup de lanceur, pas au troisième bidon.

    La balance n’arrange rien. Les revendeurs annoncent 6,4 kg, quand la fiche produit officielle grimpe à 7,68 kg, emballage compris. C’est la première valeur qui compte pour vos bras, et une Stihl équivalente pèse un kilo et demi de moins.

    L’ACS 46 joue la carte de l’équipement

    C’est là qu’elle se rattrape, et de loin. Alpina a monté des équipements que ses concurrentes directes réservent d’habitude aux modèles du dessus. La dotation dépasse largement le niveau attendu.

    • Un lanceur Easy Start, qui allège nettement l’effort au démarrage.
    • Un frein de chaîne à double commande, manuel et déclenché par inertie.
    • Une pompe à huile au débit réglable, à ouvrir franchement sur un fer de 45 cm.

    Le frein inertiel mérite qu’on s’y arrête. Il se déclenche seul quand le nez du guide part en rebond, sans attendre que le poignet pousse le protège-main. C’est la sécurité qui sauve vraiment des accidents, et elle manque encore sur bien des machines de ce gabarit.

    Le tendeur reste une vis latérale classique, à reprendre après la première demi-heure de coupe. La bonne tension se règle au millimètre, comme le montre notre guide sur la bonne tension d’une chaîne.

    L’ACS 46 sur le papier, données Alpina en main

    Cylindrée45,02 cm³, deux temps refroidi par air
    Puissance1,8 kW (2,45 ch)
    Régime maximal11 000 tr/min
    Vitesse de chaîne21 m/s
    Guide45 cm (18 pouces)
    ChaîneOregon 21BPX-72X, pas 0.325″, jauge 1,5 mm, 72 entraîneurs
    Poids6,4 kg chez les revendeurs, 7,68 kg en poids produit
    Réservoirs0,55 L de carburant, 0,26 L d’huile de chaîne
    Vibrations8,02 m/s² à l’avant, 8,55 m/s² à l’arrière
    Bruit109 dB(A) mesurés, 112 dB(A) garantis
    Frein de chaînemanuel et à inertie
    Démarragelanceur à corde Easy Start
    Graissagepompe à huile réglable automatiquement

    L’ACS 46 face aux autres tronçonneuses de 45 cm³

    Ce format de 45 cm³ est le plus vendu du rayon thermique, celui du bois de chauffage familial. Trois machines encadrent l’Alpina, deux marques installées et une concurrente discount.

    ModèleCylindréePuissancePoidsLe bon choix si
    Alpina ACS 4645,02 cm³1,8 kW6,4 kgvous voulez un guide de 45 cm et une vraie chaîne Oregon
    Stihl MS 25145,6 cm³2,2 kW4,8 kgvous coupez souvent et refusez de porter du plomb
    McCulloch CS 450 Elite45,7 cm³2 kW5,3 kgvous cherchez le compromis entre puissance et poids
    NAX 300C45 cm³1,6 kW6,5 kgvous visez l’entrée de gamme avant tout le reste

    Le verdict tient en deux lignes. L’Alpina domine sa rivale discount, la NAX, avec plus de puissance et moins de vibrations. Elle décroche face à la Stihl, plus légère d’un kilo et demi. Tout dépend du nombre d’heures passées derrière la machine. L’ensemble du rayon essence est sur notre comparatif des meilleures tronçonneuses thermiques.

    Le chantier qui va bien à cette tronçonneuse Alpina

    Trois ou quatre stères par hiver, quelques arbres tombés à débiter, une grange à alimenter. Sur ce rythme, l’équipement de sécurité et le guide de 45 cm font le travail, et le surpoids reste supportable parce que les séances restent courtes.

    Le bûcheron régulier, lui, sentira les 8 m/s² dès la deuxième saison. À ce rythme, une machine de concession plus douce se rattrape vite en articulations épargnées. Le reste du catalogue de la marque est réuni sur notre page des tronçonneuses Alpina.

    Cinq réponses avant de choisir l’ACS 46

    Quelle référence exacte de chaîne commander pour l’ACS 46 ?

    Une Oregon 21BPX-72X ou son équivalent : pas de 0.325 pouce, jauge de 1,5 mm, 72 entraîneurs. C’est la référence d’origine, publiée par le fabricant, ce qui évite toute approximation au remplacement.

    Son guide mesure-t-il vraiment 46 cm ?

    Non, il mesure 45 cm, soit 18 pouces. Le nombre du modèle n’a rien à voir avec la longueur du fer, même si plusieurs enseignes affichent 46 cm sur leur fiche produit.

    Le frein à inertie change-t-il quelque chose ?

    Beaucoup. Il bloque la chaîne au moindre rebond, sans attendre que la main pousse le protège-main. Sur un guide de 45 cm, capable de mordre par le nez, cette sécurité vaut de l’or.

    Combien de temps peut-on couper d’affilée ?

    Avec 8 m/s² aux poignées, la réglementation du travail plafonne l’exposition quotidienne autour de trois heures de coupe effective. Au-delà, fractionnez les séances et changez de tâche, sous peine de le sentir dans les doigts.

    L’entretien courant demande-t-il un atelier ?

    Non, tout se fait au garage. Filtre à air, bougie, tension de chaîne et débit de graissage se contrôlent sans démonter le carter, une routine détaillée dans notre guide pour entretenir sa tronçonneuse.

    Voir le meilleur prix ➜
    À propos de l’auteur
    Jean-Mi, bûcheron et fondateur de Les-Tronconneuses.com 🪓

    Jean-MiBûcheron et fondateur

    Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.

    Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.