Un moteur sans balais, un guide de 35 cm et douze mètres par seconde de chaîne. Vue de la fiche, la GD40CS15 a tout d’une bonne machine sans fil. L’ennui vient de sa propre famille, où une grande soeur fait mieux tout en occupant un rang plus bas. Lecture croisée faite, l’avis ose la question qui pique : pourquoi la choisir, elle ?
- Moteur brushless de 1,5 kilowatt
- 3,5 kg seulement, sans la batterie
- Indicateur de niveau d’huile visible
- Tendeur sans outil et frein de chaîne
- Trois ans de garantie constructeur
- Classée au-dessus de la GD40CS18, plus lente
- 12 m/s contre 20 chez sa grande soeur
- Ni batterie ni chargeur dans le carton
12 m/s et 1,5 kW : le tempérament de la Greenworks GD40CS15
Le moteur sans balais développe 1,5 kilowatt et propulse la chaîne à 12 m/s. De quoi tenir tête au rayon sans fil, bien au-dessus des compactes bas de gamme qui rampent sous les 5 m/s.
Dans le bois, cela donne une coupe franche sur des sections de vingt à vingt-cinq centimètres. La chaîne ne cale pas, le moteur ne chauffe pas, et le guide de 35 cm suit la manoeuvre. Le brushless fait exactement son office, sans exploit ni faiblesse.
La comparaison avec les références thermiques reste toutefois cruelle. Une petite 35 cm³ à essence file à plus de 20 m/s. Cette Greenworks avance à un rythme d’électrique, ce qui convient parfaitement à un jardin et beaucoup moins à un tas de bûches.
Le sans-balais mérite tout de même sa réputation. Rien ne frotte à l’intérieur, la chaleur perdue s’efface, le couple répond au premier appui et l’accu tient plus longtemps. Le rendement se lit dans le temps de travail, pas seulement dans la vitesse affichée.

Le problème de la GD40CS15 s’appelle GD40CS18
Voilà l’information que vous ne dénicherez sur aucune fiche marchande, et elle renverse le classement. Dans le même catalogue, sur la même plateforme de 40 volts, une autre machine se range plus bas et fait mieux sur tous les tableaux.
- Un guide de 40 cm au lieu de 35, soit cinq centimètres de diamètre en plus.
- Une chaîne à 20 m/s au lieu de 12, presque le double de vitesse.
- Un bloc de 1,8 kilowatt, quand celui-ci se contente de 1,5.
Il lui reste deux arguments, bien maigres : une poignée de grammes en moins sur la balance, et un fer plus court, donc plus vif en ébranchage. Peu de chose face à un tel écart de performance, surtout quand la hiérarchie penche du mauvais côté.
Notre fiche de la Greenworks GD40CS18 détaille ce que cette grande soeur apporte. Les deux machines avalent les mêmes batteries, ce qui rend l’arbitrage purement rationnel : à configuration égale, il n’y a pas photo.

Vendue nue, la GD40CS15 arrive sans rien pour l’alimenter
Comme toute la gamme, cette référence part machine seule. Le titre du produit le précise en dernière position, là où l’oeil a déjà décroché. Ni accumulateur ni chargeur dans le carton, il faut les acheter à part.
Pour un premier achat, le réveil est rude. Il faut encore dénicher une batterie de 4 ampères-heures et son chargeur, deux pièces sans lesquelles rien ne tourne. Toute une seconde emplette, que rien ne laisse deviner au moment de valider le panier.
À moins de viser directement le kit : la même machine s’appelle alors GD40CS15K2X, deux batteries et chargeur compris.
Pour un propriétaire déjà équipé en 40 volts, la logique s’inverse du tout au tout. Le même accu nourrit tondeuse, souffleur et taille-haie de la marque. Ajouter une tronçonneuse à ce parc ne réclame alors que la machine, rien de plus à chercher.
Un conseil pratique découle de ce système. Mieux vaut jongler avec deux packs moyens qu’un seul pavé : l’un coupe pendant que l’autre reprend des forces, sans jamais casser la séance. Le va-et-vient l’emporte sur la grosse capacité, sur ce genre de machine.
3,5 kg et guide court, la maniabilité de cette tronçonneuse
C’est son terrain de prédilection, et il ne faut pas le négliger. La balance s’arrête à 3,5 kg, accumulateur non compris, et le fer de 35 cm reste court. L’ensemble se manoeuvre sans forcer, y compris bras levés sur une branche haute.
Batterie en place, comptez environ un kilo de plus selon la capacité retenue. L’ensemble tient sous les cinq kilos, dans la bonne moyenne des accus de ce format. Le bras tient la matinée, ce qui compte sur une session de taille.
Le guide plus court change aussi le comportement au rebond. Un nez de fer moins éloigné du corps se contrôle mieux, et le frein de chaîne complète la protection. Pour un jardinier peu aguerri, ce format rassure davantage qu’un fer de 40 cm.
L’équilibre général reste sain, l’accu jouant les contrepoids à l’arrière. Le nez ne bascule pas vers le sol dès que la main se relâche, ce qui épargne le poignet sur une longue session de taille.

Huile et chaîne, le rituel de contrôle de la GD40CS15
Le réservoir de 180 ml alimente automatiquement la chaîne, et un indicateur permet de suivre le niveau sans démonter quoi que ce soit. Trois contrôles suffisent avant chaque séance.
- Le niveau du bidon d’huile, lisible d’un coup d’oeil sur le carter.
- La tension de la chaîne, à reprendre à la molette après les premières coupes.
- Le fil des gouges, car un tranchant fatigué assèche l’accu bien plus vite.
Ce dernier point ne vaut que sur les machines sur accu, et personne n’en souffle mot. Un fer émoussé fait forcer le moteur, qui réclame plus de courant pour tenir la cadence. Un affûtage suivi prolonge l’autonomie autant qu’il aiguise la coupe.
Sur les caractéristiques exactes de la chaîne, le fabricant reste évasif, comme sur toute la gamme. Le relevé se fait donc sur la machine, avant toute commande. La méthode exacte figure dans notre guide pour tendre une chaîne de tronçonneuse.
Sécurité de la GD40CS15 : frein et double commande
Deux dispositifs veillent au grain. Un frein stoppe la chaîne dès que le guide se cabre, et la gâchette refuse de répondre tant qu’un second bouton n’est pas maintenu. Aucun départ intempestif n’est possible quand la main empoigne la machine.
Ces garde-fous ne dispensent jamais de l’équipement personnel. Une chaîne à 12 m/s traverse un pantalon ordinaire sans faiblir, et le mutisme de l’accu berce la vigilance. Le pantalon anti-coupure s’impose quel que soit le moteur, sans exception.
Reste le geste que presque personne n’a : ôter l’accu avant de toucher au guide ou à la chaîne. Sans moteur qui ronronne, rien ne signale que la machine n’attend qu’un ordre. Elle patiente, muette, jusqu’à ce qu’un doigt frôle la gâchette.
Toutes les données de la Greenworks GD40CS15
| Alimentation | batterie 40 V Greenworks, non fournie |
| Moteur | 1,5 kW, technologie brushless |
| Vitesse de chaîne | 12 m/s |
| Guide | 35 cm (14 pouces) |
| Chaîne | jauge et entraîneurs non publiés, à relever sur la machine |
| Poids | 3,5 kg sans batterie |
| Réservoir d’huile | 180 ml, graissage automatique, niveau visible |
| Tendeur de chaîne | sans outil |
| Sécurité | frein de chaîne, démarrage à double commande |
| Garantie | trois ans |
Cette tronçonneuse GD40CS15 face aux 35 cm sur accumulateur
Ce format de 35 cm est le plus disputé du rayon batterie, celui du jardin polyvalent. Trois machines l’encadrent, dont une venue de son propre catalogue.
| Modèle | Tension | Vitesse de chaîne | Guide | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Greenworks GD40CS15 | 40 V | 12 m/s | 35 cm | vous tenez au guide court et à la légèreté |
| Makita DUC353Z | 36 V | 0 à 20 m/s | 35 cm | vous êtes déjà équipé en batteries LXT |
| Stihl MSA 220 C-B | 36 V | 24 m/s | 35 cm | vous voulez la référence, la vitesse avant tout |
| Husqvarna 240i | 36 V | 11,8 m/s | 35 cm | vous préférez le réseau et le service d’une grande marque |
À vitesse de chaîne comparable, la Husqvarna aligne un réseau de pièces dans chaque village. La Makita et la Stihl coupent nettement plus vite. La Greenworks ne mise donc que sur son gabarit court, et encore, à condition d’ignorer sa propre grande soeur. Notre page des tronçonneuses à batterie réunit toutes les concurrentes.
À qui la GD40CS15 peut encore convenir
À celui qui aligne déjà des batteries de 40 volts et cherche une machine courte, pour de la taille et de l’ébranchage. Le fer de 35 cm se glisse mieux entre les charpentières, et chaque gramme en moins se ressent quand les bras restent en l’air.
À tous les autres, la GD40CS18 en fait davantage sans forcer, fer plus long et chaîne bien plus vive à l’appui. L’entretien ne change pas d’un modèle à l’autre, et il tient en quelques gestes, comme le détaille notre guide sur l’entretien complet d’une tronçonneuse.
Ne l’enterrons pas trop vite pour autant. Elle coupe proprement, sa construction inspire confiance, et trois ans de garantie la couvrent. Son seul tort est de voisiner une meilleure, mieux placée qu’elle dans le même rayon.
Cette anomalie de catalogue tient souvent à l’âge des références. Un modèle ancien s’accroche à son rang pendant qu’un nouveau débarque mieux doté. Mettez toujours deux fiches de la même marque en vis-à-vis avant de trancher, le nom du modèle ne trahit rien de sa génération.
Les questions qui reviennent sur la GD40CS15
La GD40CS18 est-elle un meilleur achat ?
Presque toujours. Fer plus long, chaîne près de deux fois plus vive, moteur plus musclé, et un rang pourtant plus bas dans la gamme. Il n’y a guère qu’un besoin de guide court pour justifier ce modèle-ci.
Le carton de la GD40CS15 contient-il une batterie ?
Non. La machine se vend seule, sans accumulateur ni chargeur. Les deux sont à prévoir en plus, et ils pèsent lourd dans le total à côté de la tronçonneuse elle-même.
Ses 12 m/s suffisent-ils pour du bois de chauffage ?
Pour quelques bûches, oui. Pour un hiver entier, non : la vitesse et l’autonomie butent trop vite. Un moteur à essence de 45 cm³ vient à bout du même tas en bien moins de temps, sans jamais réclamer de prise.
Quelle chaîne remonter sur la GD40CS15 ?
Ces valeurs ne figurent nulle part dans la documentation officielle. Comptez les entraîneurs et lisez la jauge sur le guide avant de commander : c’est la seule méthode qui ne trompe jamais.
Le sans-balais apporte-t-il un vrai gain ?
Oui. Sans charbons qui frottent, moins d’énergie part en chaleur, le couple arrive instantanément et la batterie dure plus longtemps. C’est ce qui sépare cette machine des compactes bas de gamme de la catégorie.
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Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.