Aller au contenu

Greenworks GD40CS18 : cette tronçonneuse 40 V à 20 m/s en test et avis

    👤 Par Jean-Michel · ⏱ 7 min de lecture

    Vingt mètres par seconde et un guide de 40 cm : sur le papier, la Greenworks GD40CS18 coupe au rythme d’une thermique. Le carton, lui, cache une absence que le titre du produit annonce en toutes lettres et que personne ne lit. Notre avis commence par là : que payez-vous exactement ?

    3,4/5
    Notre note
    Greenworks GD40CS18 : excellente machine, addition incomplète
    🔋
    Batterie40 V, non fournie
    Moteur1 800 W brushless
    🌀
    Vitesse de chaîne20 m/s
    📏
    Guide40 cm, acier Oregon
    🔗
    Chaîne3/8″ bas profil
    ⚖️
    Poids3,81 kg sans batterie
    Puissance de coupe4,5
    Autonomie2,6
    Maniabilité3,8
    Écosystème & recharge3,2
    Rapport qualité-prix2,9

    On aime

    • 20 m/s, un rythme de vraie thermique
    • Guide de 40 cm, le plus long
    • Moteur brushless de 1 800 watts
    • Tendeur de chaîne sans outil
    • Trois ans de garantie constructeur

    On aime moins

    • Ni batterie ni chargeur dans le carton
    • Dix minutes de coupe avec une 4 Ah
    • Facture finale bien plus salée qu’annoncée

    Pour vous si

    vous possédez déjà des batteries Greenworks de 40 volts et cherchez la machine la plus vive de la plateforme.

    Pas pour vous si

    vous partez de zéro, car il faudra ajouter une batterie et un chargeur au prix affiché, sans le savoir.
    Le verdict : mécaniquement, c’est l’une des meilleures batteries du marché, avec une chaîne lancée à 20 m/s et un guide de 40 cm que personne ne propose à ce niveau. Deux réserves plombent la note : la machine se vend nue, batterie et chargeur non compris, et l’autonomie plafonne autour de dix minutes de coupe effective. Excellente pour qui est déjà équipé, piège pour les autres.

    20 m/s : la Greenworks GD40CS18 coupe au rythme d’une thermique

    Commençons par ce qui fait la valeur de cette machine, car elle est réelle. Le moteur brushless de 1 800 watts lance la chaîne à 20 m/s. Une bonne thermique de 45 cm³ ne va pas plus vite, et celle-ci s’en tire sans une goutte de mélange.

    La comparaison avec les autres machines à accumulateur est éclairante. Une Husqvarna de 36 volts plafonne à 11,8 m/s.

    Une Makita du même voltage grimpe à 20, une Stihl haut de gamme à 24. La Greenworks joue donc dans le haut du panier, à un tarif nettement inférieur. Et à l’autre bout du catalogue maison, la Greenworks Pro GCS80450 double le voltage sans approcher cette cadence.

    Dans le bois, cela se voit immédiatement. Une bille de 30 cm passe sans que la chaîne ralentisse, et le guide de 40 cm autorise des diamètres que la plupart des batteries refusent. Le brushless tient son rang, sans peiner ni chauffer.

    Un moteur sans balais ne se contente pas d’aller vite. L’absence de charbons qui frottent supprime une source de chaleur et d’usure, et le couple arrive dès la gâchette pressée. Aucune montée en régime à attendre, contrairement à un deux temps qu’il faut lancer avant d’entrer dans la coupe.

    Tronçonneuse à batterie Greenworks GD40CS18 de 40 V avec son guide Oregon de 40 cm

    Vendue nue : ce que le carton de la GD40CS18 ne contient pas

    Voilà l’information qui change tout, et elle figure noir sur blanc dans le titre du produit, en fin de ligne, là où personne ne lit. Cette référence part sans batterie et sans chargeur. Le prix affiché n’achète qu’une machine inerte.

    Greenworks assume ce modèle commercial, courant chez les fabricants d’outils sur accumulateur. La logique tient debout pour qui possède déjà une tondeuse ou un taille-haie de la gamme 40 volts. Elle devient un piège pour le premier achat, car la facture double presque une fois la batterie et le chargeur ajoutés.

    La bonne nouvelle, c’est l’étendue de la plateforme. La même batterie de 40 volts alimente des dizaines de machines de jardin chez ce fabricant. L’investissement se rentabilise sur le parc complet, jamais sur une seule tronçonneuse.

    Greenworks GD40CS18 vue du carter, logement de batterie 40 V et poignée arrière

    Dix minutes de coupe : l’autonomie réelle de la GD40CS18

    Le fabricant publie une donnée que ses concurrents préfèrent taire, et il faut lui reconnaître cette franchise. Avec une batterie de 4 ampères-heures, la machine coupe une dizaine de minutes. Avec une 2 Ah, la moitié.

    Ce chiffre n’a rien de scandaleux, il découle de la physique. Un moteur de 1 800 watts qui lance une chaîne à 20 m/s vide un accumulateur très vite. Toutes les batteries puissantes fonctionnent ainsi, la vitesse se paie en ampères-heures.

    En pratique, dix minutes de chaîne en rotation couvrent une bonne heure de chantier, puisque l’outil ne tourne pas en continu. Mais quiconque débite des stères videra deux batteries avant le déjeuner. Une seconde batterie n’est pas une option, c’est une condition.

    Un réflexe change beaucoup de choses sur ce point. Une chaîne bien affûtée avance seule dans le bois et sollicite moins le moteur, donc moins la batterie. Une lime négligée ampute un tiers de l’autonomie, ce que peu d’utilisateurs relient au temps de coupe.

    Guide de 40 cm et chaîne 3/8 mini : les chiffres de la GD40CS18

    Le fer est un acier Oregon, gage de sérieux sur une machine de ce tarif. Trois valeurs à connaître avant le premier remplacement de chaîne.

    • Un pas de 3/8 pouce en version mini, celui des machines à batterie et des petites électriques.
    • La jauge frappée sur le guide, à relever avant de commander quoi que ce soit.
    • Le compte des entraîneurs, à relever sur la chaîne d’origine du fer de 40 cm.

    Greenworks ne publie ni la jauge ni le nombre de maillons, ce qui oblige à faire le relevé soi-même. Cinq minutes de comptage valent mieux qu’un colis renvoyé. La chaîne d’origine reste la seule référence fiable, comme sur toutes les marques discrètes sur ce point.

    Le pas mini n’a rien d’un handicap ici, bien au contraire. Il taille un trait plus fin, arrache moins de matière et limite le rebond, ce qui convient parfaitement à un moteur électrique. La vitesse compense largement la finesse de la gouge, et c’est tout l’intérêt de cette configuration.

    Détail du guide Oregon de 40 cm et de la chaîne de la Greenworks GD40CS18

    3,81 kg sans batterie : le vrai poids de la Greenworks GD40CS18

    La fiche annonce 3,81 kg, et ce chiffre mérite une précision immédiate. Il s’entend sans la batterie, forcément, puisqu’elle n’est pas fournie. Ajoutez un accumulateur de 40 volts et la machine approche les cinq kilos en ordre de marche.

    À ce niveau, elle reste dans la moyenne de sa catégorie, ni plume ni enclume. Une Stihl de 36 volts descend à 3,1 kg nue, une Makita monte à plus de 4,6 kg une fois ses deux batteries en place. L’équilibre général penche vers l’avant, comme sur toutes les machines à guide long.

    Le graissage est automatique, avec un réservoir de 180 ml et un tendeur de chaîne qui se manipule sans outil. Deux détails du quotidien plutôt bien traités, à l’image du reste de l’équipement.

    Le débit d’huile mérite une attention particulière avec un fer de cette longueur. Quarante centimètres de guide consomment nettement plus qu’un fer court, et un graissage insuffisant tue une chaîne en une saison. Vérifiez la projection d’huile sur le bois avant chaque séance, elle doit être visible.

    Frein de chaîne et double commande : la sécurité de la GD40CS18

    Une chaîne qui file à 20 m/s ne pardonne rien, et Greenworks l’a compris. Le frein bloque la chaîne au moindre rebond, et le démarrage exige deux commandes pressées ensemble. Impossible de lancer la machine par mégarde en la saisissant.

    • Le frein de chaîne, à tester au premier démarrage de chaque séance.
    • La double commande de gâchette, qui interdit tout départ intempestif.
    • La batterie retirée avant chaque intervention sur la chaîne ou le guide.

    Ce dernier réflexe est le plus négligé, et le plus grave. Sur une thermique, le moteur coupé rassure. Sur une batterie, une gâchette effleurée suffit à tout relancer, et la main est souvent posée sur la chaîne à ce moment précis.

    Le reste de l’entretien tient en peu de gestes, faute de moteur à choyer. Tension de chaîne, affûtage, nettoyage du carter et contrôle du pignon suffisent, un rituel détaillé dans notre guide pour entretenir sa tronçonneuse.

    Le relevé complet de la Greenworks GD40CS18

    Alimentationbatterie 40 V Greenworks, non fournie
    Moteur1 800 W, technologie brushless
    Vitesse de chaîne20 m/s
    Guide40 cm (16 pouces), acier Oregon
    Chaînepas 3/8″ mini, jauge et entraîneurs à relever sur la machine
    Poids3,81 kg sans batterie
    Autonomieenviron 10 minutes de coupe avec une batterie de 4 Ah
    Réservoir d’huile180 ml, graissage automatique
    Tendeur de chaînesans outil
    Sécuritéfrein de chaîne, démarrage à double commande
    Garantietrois ans

    La GD40CS18 face aux batteries de 36 volts

    Sur ce créneau, la vitesse de chaîne sépare les machines sérieuses des jouets. Trois références installées servent de mètre étalon, toutes vendues nues elles aussi.

    ModèleTensionVitesse de chaîneGuideLe bon choix si
    Greenworks GD40CS1840 V20 m/s40 cmvous voulez le guide le plus long à ce tarif
    Stihl MSA 220 C-B36 V24 m/s35 cmvous voulez la plus rapide, sans regarder le prix
    Makita DUC353Z36 V0 à 20 m/s35 cmvous êtes déjà équipé en batteries LXT de 18 V
    Husqvarna 240i36 V11,8 m/s35 cmvous privilégiez la douceur et le réseau de la marque

    La Greenworks tient la comparaison sans rougir, et elle offre même cinq centimètres de guide en plus que tout le monde. Son défaut n’est pas mécanique, il est commercial. Le reste des machines sur accumulateur figure dans notre sélection des meilleures tronçonneuses sans fil.

    Pour quel jardin la GD40CS18 se justifie

    Celui du propriétaire déjà converti à la plateforme 40 volts du fabricant, avec deux ou trois batteries en réserve. Il ajoute une tronçonneuse capable d’attaquer du bois sérieux, sans mélange ni lanceur. La dépense devient alors marginale.

    Celui qui achète sa première machine sur accumulateur devra faire l’addition complète avant de valider le panier. À budget équivalent, une version fournie avec batterie et chargeur reste plus sage. Sa petite soeur au guide de 35 cm, la Greenworks GD40CS15, mérite aussi le détour.

    Reste que sur le pur plan technique, peu de machines sur accumulateur alignent un tel guide et une telle vitesse de chaîne. La mécanique n’a rien à se reprocher, seule la façon de la vendre pose problème. Les modèles de métier sont regroupés dans notre sélection des meilleures tronçonneuses pro.

    Ce qu’on demande avant d’acheter la GD40CS18

    Le carton de la GD40CS18 contient-il de quoi couper ?

    Oui, cette référence se vend machine seule, sans batterie ni chargeur. C’est écrit à la fin du titre du produit, là où le regard ne s’arrête plus. Prévoyez les deux au budget.

    Combien de temps coupe-t-elle par charge sur la GD40CS18 ?

    Une dizaine de minutes de chaîne en rotation avec une batterie de 4 Ah, selon le fabricant lui-même. Cela couvre une bonne heure de chantier réel, puisque l’outil ne tourne pas sans interruption.

    Ses 20 m/s valent-ils ceux d’une thermique ?

    Sur le papier, oui : une thermique de 45 cm³ tourne dans ces eaux. La différence tient à l’endurance, pas à la vitesse. La thermique coupe toute la journée, celle-ci s’arrête quand la batterie se vide.

    Quelle chaîne remonter dessus ?

    Une 3/8 en version mini, mais Greenworks ne publie ni la jauge ni le nombre d’entraîneurs. Relevez les deux sur la chaîne d’origine, c’est la seule façon de ne pas se tromper.

    Faut-il vraiment un pantalon anti-coupure ?

    Absolument, et plus encore que sur une thermique. Le silence de la batterie endort la vigilance, alors que la chaîne file à la même vitesse. Les protections restent les mêmes, quel que soit le moteur.

    Voir le meilleur prix ➜
    À propos de l’auteur
    Jean-Mi, bûcheron et fondateur de Les-Tronconneuses.com 🪓

    Jean-MiBûcheron et fondateur

    Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.

    Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.