Deux Scheppach thermiques portent un guide de 45 cm, la CSP50 et cette Scheppach PCS46. Même longueur, même puissance annoncée, et pourtant des chaînes totalement incompatibles. Le genre de détail qui envoie une commande droit au tiroir. Les avis d’acheteurs ont désigné leur camp : laquelle des deux faut-il prendre ?
- Lanceur Easy Start, effort divisé
- Jauge d’essence visible en un regard
- Chaîne à 22 m/s, coupe franche
- Griffe métal et anti-vibrations
- Coupe jusqu’à 43 cm de diamètre
- 6,7 kg équipée, poids d’une 56 cm³
- Chaîne incompatible avec la CSP50
- Pas de starter automatique
46 cm³ pour 1,8 kW, ce que la Scheppach PCS46 apporte vraiment
Le bloc deux temps monte à 11 000 tr/min et sort 1,8 kW, soit 2,45 chevaux. Sur son fer de 45 cm, 43 utiles, la chaîne défile à 22 m/s. Sur du chêne bien sec, la machine descend franchement dans la bille sans que le régime s’écroule.
Ce dimensionnement est le bon pour du bois de chauffage sérieux. Il permet d’attaquer des troncs que les 37 cm³ de la gamme refusent, sans monter jusqu’aux 56 cm³ et à leurs sept kilos. La cylindrée tombe pile dans la zone utile pour un particulier qui chauffe au bois.
Un bémol s’impose sur le rendement. Le même 1,8 kW se retrouve sur la CSP50, pourtant d’une cylindrée inférieure. Autrement dit, ce centimètre cube de plus ne se traduit par aucun gain de puissance sur la fiche du constructeur.

PCS46 ou CSP50 : deux guides de 45 cm, deux philosophies
Les deux annoncent la même puissance et la même longueur de guide. Elles ne jouent pourtant pas le même jeu, et l’écart se lit sur la balance. La CSP50 pèse 5,3 kg équipée contre 6,7 ici, près d’un kilo et demi d’écart.
En échange de ce surpoids, la PCS46 apporte une jauge de carburant translucide, absente sur sa rivale maison. La CSP50, elle, embarque un starter automatique que la PCS46 n’a pas. Chacune emporte un atout que l’autre ignore, ce qui rend l’arbitrage plus subtil qu’il n’y paraît.
Pour du travail au sol, sur chevalet, le poids compte peu et la PCS46 tient parfaitement la comparaison. Dès que la machine se lève ou se porte, la CSP50 reprend l’avantage sans discussion possible.
Chaîne de la PCS46 : du 3/8 LP en 64 entraîneurs, jamais du 0.325
Voilà le piège qui prend le plus de propriétaires de Scheppach. Les deux machines de 45 cm ne montent pas la même chaîne, et une référence commandée à la va-vite finit invariablement au fond d’un tiroir. La longueur du guide ne dit rien du pas de chaîne.
- PCS46, chaîne 3/8LP-64 : pas 3/8 pouce bas profil, jauge 1,27 mm, 64 entraîneurs.
- CSP50, chaîne 325.058-72BL : pas 0.325 pouce, jauge 1,5 mm, 72 entraîneurs.
- Aucune compatibilité entre les deux, ni le pas ni la jauge ne correspondent.
Le pas de 3/8 pouce bas profil retenu ici est celui des machines de jardin, plus doux et plus tolérant au rebond que le 0.325 des grosses cylindrées. Sur une 46 cm³, ce choix privilégie la sécurité et le confort, au prix d’une agressivité de coupe un peu moindre.

- À chaque plein : gorge du guide nettoyée, tension de chaîne reprise.
- En fin de journée : filtre à air soufflé, jauge d’essence essuyée.
- Avant le remisage d’hiver : carburant vidé, moteur tourné jusqu’à l’arrêt.
6,7 kg équipée, le poids qui pèse sur cette tronçonneuse
5,5 kg nue, 6,7 kg une fois le guide et la chaîne montés. Le poids d’une 56 cm³ pour la puissance d’une 45. Le calcul est cruel, et les épaules le sentent avant la fin de la matinée, surtout en position basse répétée.
L’anti-vibrations amortit correctement le moteur, et la griffe métallique permet de pivoter dans le bois plutôt que de porter la machine à bout de bras. Bien utilisée, sur chevalet, la PCS46 ne fatigue pas plus qu’une autre. Mal utilisée, elle épuise.
La puissance acoustique atteint 108,7 dB(A). C’est le lot commun des thermiques de cette taille, et ça suffit à imposer le casque anti-bruit dès la première coupe, sans discussion.
Le conseil qui découle du poids est simple. Amenez le bois à la machine plutôt que l’inverse, travaillez à hauteur de chevalet, laissez la griffe faire levier. Le geste juste vaut tous les anti-vibrations du catalogue, et il épargne le dos sur la durée.
Easy Start et jauge d’essence sur la PCS46
Le lanceur assisté fait le même travail que sur le reste de la gamme récente : un ressort emmagasine l’effort, puis le rend au vilebrequin. Le démarrage à froid cesse d’être un exercice de force, ce qui reste le premier reproche fait aux anciennes Scheppach.
La jauge de carburant, elle, tient de l’évidence. Une fenêtre translucide sur le réservoir de 0,55 L, et le niveau se lit sans dévisser le bouchon. Rien de technique, mais un aller-retour au bidon en moins à chaque pause.
Le mélange reste à 1:40, autrement dit 25 ml d’huile pour un litre d’essence, la règle maison. Réutiliser un bidon préparé au 1:50 pour une machine nordique revient à affamer le haut moteur en lubrifiant.

La PCS46 telle que Scheppach la déclare
| Cylindrée | 46 cm³, deux temps |
| Puissance | 1,8 kW (2,45 ch) |
| Régime maximal | 11 000 tr/min (ralenti 3200 tr/min) |
| Poids | 5,5 kg nue, 6,7 kg guide et chaîne montés |
| Guide | ProCut 45 cm (18″), coupe utile 43 cm |
| Chaîne | Type 3/8LP-64 : pas 3/8″ bas profil, jauge 1,27 mm, 64 entraîneurs |
| Vitesse de chaîne | 22 m/s |
| Réservoirs | 0,55 L de carburant avec jauge, 0,26 L d’huile |
| Mélange | 1:40 |
| Puissance acoustique | 108,7 dB(A) |
| Équipement | Easy Start, frein anti-rebond, griffe métal, anti-vibrations, graissage automatique |
Cette tronçonneuse de 45 cm face à trois rivales
Cette classe de cylindrée réunit les machines les plus vendues du marché. Toutes coupent le même bois, mais ni au même rythme ni avec le même confort. Le tableau remet les chiffres à leur place.
| Modèle | Cylindrée | Puissance | Guide | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Scheppach PCS46 | 46 cm³ | 1,8 kW | 45 cm | vous débitez au sol et voulez la jauge d’essence |
| Husqvarna 445 | 45,7 cm³ | 2,1 kW | 45 cm | vous voulez le meilleur rendement de la classe |
| McCulloch CS 50S | 50 cm³ | 2,1 kW | 45 cm | vous cherchez plus de couple à budget serré |
| Husqvarna 435 | 40,9 cm³ | 1,6 kW | 38 cm | la légèreté prime sur le diamètre de coupe |
Le constat est net : à cylindrée comparable, les deux concurrentes sortent 300 watts de plus. La Scheppach répond par un équipement complet et par sa jauge d’essence. Le débat se joue sur le confort, pas sur les chevaux. Le tour complet de la catégorie se fait sur notre page des tronçonneuses thermiques.
Le profil qui tire le meilleur de la PCS46
Le propriétaire de terrain qui débite son bois sur chevalet, dix à quinze jours par an, sans jamais lever la machine plus haut que la ceinture. Sur ce terrain, le surpoids ne pèse à rien et la cylindrée fait exactement le travail attendu.
Celui qui ébranche, grimpe ou porte la machine regardera plutôt vers la PCS38, plus légère, ou vers une marque de concession si le budget le permet. La PCS46 est une machine de débit, elle ne prétend rien d’autre.
Ce que les acheteurs demandent sur la Scheppach PCS46
Quelle chaîne acheter pour la Scheppach PCS46 ?
Une chaîne 3/8LP-64 : pas 3/8 pouce bas profil, jauge 1,27 mm, 64 maillons entraîneurs. Surtout pas la chaîne 0.325 pouce de la CSP50, malgré un guide de même longueur.
La PCS46 est-elle plus puissante que la CSP50 ?
Non, les deux annoncent 1,8 kW. La PCS46 gagne un centimètre cube de cylindrée sans gain de puissance déclarée, et perd un kilo et demi sur la balance. Elle apporte en revanche une jauge d’essence.
Quel diamètre de tronc la PCS46 peut-elle couper ?
43 cm en une passe, la coupe utile du guide de 45 cm. Au-delà, il faut reprendre le tronc de l’autre côté. Les 46 cm³ encaissent ce diamètre en bois dur sans faiblir, chaîne affûtée.
Quel mélange pour la PCS46 ?
Le constructeur impose 1:40, soit 25 ml d’huile deux temps dans un litre d’essence. Les suédoises se contentent de 1:50, ne mélangez surtout pas les bidons d’une machine à l’autre.
La PCS46 convient-elle à l’abattage ?
Pour des arbres de moins de 43 cm de diamètre, oui, avec la griffe métallique qui aide au pivot. Le poids de 6,7 kg la réserve toutefois à un abattage occasionnel, pas à un chantier de plusieurs jours.
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Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.