Sur le carton, 37,2 cm³ font forte impression face aux 31 cm³ des japonaises et des allemandes de jardin. La Scheppach PCS38 joue exactement là-dessus, avec un guide de 35 cm. Sauf que la cylindrée ne raconte jamais toute l’histoire. On a recoupé la fiche Scheppach et les retours d’acheteurs, et on commence par le chiffre qui fâche : pourquoi sort-elle moins qu’une 32 cm³ ?
On aime
- Lanceur Easy Start, traction allégée
- Vibrations contenues autour de 5 m/s²
- Griffe d’abattage en métal
- Chaîne 3/8″ LP vendue partout
- Le ticket d’entrée le plus bas
On aime moins
- 1,3 kW seulement pour 37 cm³
- 4,9 kg à sec, poids d’une 50 cm³
- Réservoir de 0,26 L, autonomie courte
Pour vous si
vous coupez du bois tendre, quelques branches et du petit bois de chauffage, en cherchant la thermique la moins chère du rayon.Pas pour vous si
vous comptez sur les 37 cm³ pour aller vite dans le bois dur, car le rendement reste celui d’une machine de jardin.37,2 cm³ mais 1,3 kW, la Scheppach PCS38 face aux chiffres
Le moteur monte à 11 000 tr/min et délivre 1,3 kW, soit 1,8 cheval. Rapporté à la cylindrée, le rendement décroche : une Stihl MS 180 de 31,8 cm³ sort 1,4 kW, une Husqvarna 135 Mark II de 38 cm³ atteint 1,6 kW. La Scheppach perd le duel sur son propre terrain.
Concrètement, elle débite du bois tendre, ébranche et prépare du petit bois sans faiblir. La chaîne file à 21 m/s, ce qui reste correct. Mais dès qu’un rondin de chêne sec dépasse la vingtaine de centimètres, le régime chute et la coupe s’allonge. Il faut accepter d’y passer le temps.
Le guide de 35 cm ouvre 33,5 cm de coupe utile, généreux pour cette cylindrée. C’est même un piège : la longueur invite à attaquer du gros, quand le moteur n’a pas les moyens de suivre. Le guide flatte, le moteur freine.

Presque cinq kilos à sec : le vrai handicap de la PCS38
4,9 kg sans guide ni chaîne, 5,85 kg une fois équipée. Le poids d’une machine de 45 cm³, pour la puissance d’une 32 cm³. Autrement dit, vous portez la cylindrée sans jamais en profiter, et l’écart se paie en fin de matinée.
La comparaison est parlante. La MS 180 de Stihl affiche 4,1 kg à sec, la McCulloch CS 35S 4,6 kg. Huit cents grammes séparent la Scheppach de la première, soit un bras qui tire bien plus vite sur une séance d’ébranchage bras levés.
Le bon point vient des vibrations, mesurées à 5,1 et 5,5 m/s² selon la poignée. Pour une machine de ce format, c’est très correct, loin des dix mètres par seconde carrée des grosses Scheppach. Les mains encaissent la séance sans fourmiller, et c’est déjà ça de pris.
PCS26, PCS38, PCS46 : où se place cette tronçonneuse dans la gamme
Scheppach a construit une échelle complète de thermiques ProCut, du 25 cm³ au 56 cm³. La logique est simple sur le papier, mais les modèles se chevauchent et le choix devient confus en rayon. Un repère par machine suffit à trancher.
- PCS26, la légère : élagueuse à poignée haute, 25,4 cm³, pour la branche et rien d’autre.
- PCS38, l’entrée de gamme : 37,2 cm³, guide de 35 cm, bois tendre et jardin.
- PCS46 et au-dessus : les vraies cylindrées de débit, dès que le bois dur s’invite.
Si votre programme se limite à des branches et à des tailles hautes, la PCS26 pèse deux kilos de moins et joue dans une autre catégorie. Elle ne coupera jamais de bille, mais elle ne prétend pas le contraire.
Si vous chauffez au bois, en revanche, le saut vers la PCS46 se rattrape vite. Chaque heure gagnée dans le chêne comble l’écart, et la PCS38 finit toujours par montrer ses limites sur un tas de bois dur.

Quelle chaîne pour la PCS38 ? Le 3/8 LP en 53 entraîneurs
La chaîne d’origine se lit 3/8LP-53 sur la fiche, et tout est dit. Le pas vaut 3/8 de pouce bas profil, la jauge 1,3 mm, et le guide de 35 cm réclame 53 maillons entraîneurs. Un format aussi courant se trouve partout, chez n’importe quel fabricant.
Le piège habituel guette à la commande. Les grosses Scheppach tournent en 0.325 pouce, un pas incompatible, et beaucoup mélangent les références d’une machine à l’autre. Le pas est frappé sur le guide, près du carter : dix secondes de vérification évitent un renvoi.
- Le pas 3/8″ bas profil : jamais du 0.325, réservé aux grosses cylindrées maison.
- La jauge de 1,3 mm, notée 0,050 pouce sur les emballages étrangers.
- Un compte de 53 entraîneurs, celui du guide de 35 cm livré d’origine.
Ce que la PCS38 embarque vraiment
Le lanceur Easy Start intercale un ressort qui emmagasine l’effort avant de le relâcher. La traction devient bien plus douce, un vrai service sur une machine qui dort la moitié de l’année. Le frein de chaîne anti-rebond répond présent, la protège-main aussi.
La griffe d’abattage est en métal, pas en plastique moulé, de quoi pivoter proprement dans la bille. Le graissage de chaîne est automatique. Sur ce plan, l’équipement ne prête pas le flanc à la critique, c’est le moteur qui déçoit.
Une réserve toutefois sur l’autonomie. Le réservoir ne contient que 0,26 L, contre 0,4 L environ chez les concurrentes de même gabarit. En travail soutenu, le bidon vous suit à chaque bille, et les allers-retours cassent le rythme.

Les données constructeur de la PCS38, sans filtre
| Cylindrée | 37,2 cm³, deux temps |
| Puissance | 1,3 kW (1,8 ch) |
| Régime maximal | 11 000 tr/min (ralenti 3100 tr/min) |
| Poids | 4,9 kg à sec, 5,85 kg guide et chaîne montés |
| Guide | ProCut 35 cm (14″), coupe utile 33,5 cm |
| Chaîne | Pas 3/8″ LP, jauge 1,3 mm, 53 entraîneurs |
| Vitesse de chaîne | 21 m/s |
| Réservoirs | 0,26 L de carburant, 0,21 L d’huile |
| Mélange | 1:40 |
| Puissance acoustique | 109,7 dB(A) |
| Vibrations | 5,1 m/s² (gauche), 5,5 m/s² (droite) |
| Équipement | Easy Start, frein de chaîne, griffe métal, graissage automatique |
Quatre petites tronçonneuses face à la Scheppach PCS38
Toutes ces machines visent le même acheteur, avec un guide de 35 cm. Le tableau met les cylindrées et les kilos en vis-à-vis, et il explique mieux qu’un long discours pourquoi la cylindrée seule ne veut rien dire.
| Modèle | Cylindrée | Puissance | Poids à sec | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Scheppach PCS38 | 37,2 cm³ | 1,3 kW | 4,9 kg | le prix passe avant tout le reste |
| Husqvarna 135 Mark II | 38 cm³ | 1,6 kW | 4,68 kg | vous voulez le meilleur rendement de la catégorie |
| Stihl MS 180 | 31,8 cm³ | 1,4 kW | 4,1 kg | la légèreté et le réseau de pièces priment |
| McCulloch CS 35S | 35 cm³ | 1,4 kW | 4,6 kg | vous cherchez un compromis prix et démarrage assisté |
Le verdict du tableau est sans appel : la Scheppach est la plus grosse cylindrée et la moins puissante, tout en étant la plus lourde. Son seul atout tient à l’accessibilité. Les autres formats de jardin sont réunis sur notre page des petites tronçonneuses.
Le chantier auquel la PCS38 est vraiment taillée
Un jardin avec des arbres, quelques branches à dégager après un coup de vent, un peu de bois tendre pour le poêle. Sur ce programme, la machine tient parfaitement son rang. Elle démarre, elle coupe, elle ne demande presque rien en retour.
Elle décevra dès que le chêne, le hêtre ou le volume s’invitent. Les 37,2 cm³ inscrits sur le carter n’y changeront rien, la puissance disponible reste celle d’une entrée de gamme. Mieux vaut alors monter d’un cran plutôt que d’insister avec celle-ci.
Scheppach PCS38 : les réponses aux questions les plus posées
Quelle chaîne pour la Scheppach PCS38 ?
Une chaîne au pas 3/8 LP, jauge 1,3 mm, en 53 maillons entraîneurs, référence d’origine 3/8LP-53. Attention à ne pas prendre du 0.325 pouce, réservé aux grosses cylindrées de la marque.
La PCS38 suffit-elle pour faire son bois de chauffage ?
Pour un ou deux stères de bois tendre par an, oui, en prenant son temps. Au-delà, ou sur du bois dur, ses 1,3 kW allongent chaque coupe et la journée devient interminable. Une 45 cm³ divise le temps de travail.
Pourquoi la PCS38 est-elle plus lourde que ses concurrentes ?
Le carter et la mécanique sont dimensionnés au plus simple, sans recherche d’allègement, contrairement aux marques de concession. Résultat, 4,9 kg à sec, près d’un kilo de plus qu’une Stihl MS 180 pour une puissance comparable.
Quel mélange deux temps pour la PCS38 ?
Du 1:40, comme toutes les thermiques de la marque, soit 25 ml d’huile deux temps par litre d’essence. Le 1:50 des marques nordiques appauvrit la lubrification et abîme le haut moteur à la longue.
Le lanceur Easy Start change-t-il vraiment quelque chose ?
Oui, la traction demande nettement moins de force qu’un lanceur nu. Mais aucun lanceur n’efface un carburant vieilli ni un carburateur gommé, deux pannes couvertes par notre méthode pour relancer une tronçonneuse qui refuse de démarrer.
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Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.