Un guide de 40 cm, un moteur sans balais, et une chaîne qui plafonne à 11 m/s. La GD40CS40 ressemble trait pour trait à une autre machine du catalogue, qui coupe deux fois plus vite tout en étant rangée plus bas dans la gamme. Deux fiches côte à côte, un avis sans pitié : à quoi sert-elle encore ?
- Guide de 40 cm pour 3,64 kg
- Chaîne Oregon 90PX montée d’usine
- Réservoir d’huile translucide de 200 ml
- Tendeur sans outil et frein de chaîne
- Compatible 2, 4 ou 6 ampères-heures
- 11 m/s, quand la GD40CS18 en fait 20
- Classée au-dessus de la machine qui la bat
- Ni batterie ni chargeur dans le carton
11 m/s : la Greenworks GD40CS40 traîne derrière sa propre soeur
Le moteur sans balais lance la chaîne à 11 m/s, ce qui reste honnête dans l’absolu. Le problème n’est pas là. La GD40CS18 du même catalogue atteint 20 m/s, avec exactement le même guide de 40 cm et la même famille de batteries.
Presque le double de mordant, sur une machine pourtant classée plus bas. L’écart ne se discute pas, il se lit ligne à ligne sur les deux fiches techniques. Rien ne justifie de monter en gamme pour couper moins vite.
Dans le bois, 11 m/s suffisent à débiter des sections de vingt-cinq centimètres sans que la chaîne cale. La machine avance, proprement, mais elle prend son temps. Face à une bille de trente centimètres, la différence avec sa soeur se compte en minutes.
Le moteur sans charbons mérite tout de même son éloge. Rien ne frotte à l’intérieur, il chauffe peu, tient dans la durée et tire mieux parti de l’accu. La technologie est la bonne, seul le bridage de puissance choisi par le fabricant laisse songeur.

La GD40CS40 contre la GD40CS18, le match qui fait mal
Les deux machines partagent le guide, la plateforme de batteries, le type de moteur et le fabricant. Sur le papier, elles se ressemblent au point qu’un acheteur pressé les confond. Trois lignes suffisent pourtant à les séparer.
- Vingt mètres par seconde contre onze, à guide strictement identique.
- Un moteur de 1,8 kilowatt sur la GD40CS18, quand celle-ci reste discrète sur le sujet.
- Un rang plus modeste dans la gamme pour la machine la plus rapide, ce qui achève le débat.
Le seul avantage de cette GD40CS40 tient dans une balance légèrement plus clémente, à 3,64 kg contre 3,81. Cent soixante-dix grammes ne rachètent pas neuf mètres par seconde, et personne ne devrait s’en contenter.
Notre fiche de la Greenworks GD40CS18 détaille cette rivale ligne par ligne. Elle se vend nue elle aussi, ce qui rend la comparaison parfaitement honnête.

Chaîne Oregon 90PX : les trois chiffres de la GD40CS40
Bonne nouvelle sur ce point, le fabricant publie ici la référence exacte de sa chaîne d’origine, ce qu’il oublie de faire ailleurs dans la gamme. Trois repères à recopier dans le carnet du garage.
- Le 3/8 en version bas profil, format standard des machines sur accumulateur.
- Une gorge de 1,1 mm, notée .043 pouce, la plus fine du marché.
- Les cinquante-six entraîneurs imposés par le fer de 40 cm monté d’usine.
La référence complète est une Oregon 90PX056X, disponible dans toutes les jardineries. Méfiance sur la jauge, qui est la plus fine du marché : le 1,3 mm dominant refusera cette gorge, et le vendeur pressé le proposera pourtant en premier.
Ce choix de gouge fine se défend sur une machine électrique. Elle coupe un trait étroit, arrache moins de matière et ménage l’accumulateur. La finesse compense en partie la vitesse modeste, ce qui explique que la coupe reste correcte malgré les 11 m/s.
Le corollaire tombe sous le sens, et pourtant personne ne le dit. Une chaîne aussi fine perd son fil vite et pardonne mal les oublis. Un affûtage suivi pèse autant sur la coupe que sur l’autonomie, car un fer mou fait tirer le moteur dans le vide.

3,64 kg et 200 ml, le confort d’usage de cette tronçonneuse
La balance affiche 3,64 kg sans accumulateur, ce qui reste léger pour un guide de 40 cm. Une fois la batterie montée, l’ensemble passe sous les cinq kilos. Le poignet tient la distance, y compris sur une longue matinée.
L’équilibre penche naturellement vers l’avant, comme sur toutes les machines à fer long. L’accumulateur placé à l’arrière rééquilibre une partie de l’ensemble, sans jamais tout corriger. Le nez du guide reste lourd, et il faut en tenir compte bras levés.
Le réservoir d’huile de 200 ml se contrôle à travers une paroi translucide, sans rien démonter. Avec un fer de cette longueur, gourmand en lubrifiant, voir le niveau évite de détruire le guide par une simple négligence.
Le contrôle se fait en deux secondes, chaîne à l’arrêt. Une bonne lubrification se vérifie aussi en faisant tourner la chaîne à vide au-dessus d’une souche : un film d’huile doit apparaître sur le bois. Rien qui gicle, rien qui protège le fer.
Le tendeur se manoeuvre sans outil, à la molette, et la machine accepte indifféremment des batteries de 2, 4 ou 6 ampères-heures. La plus grosse alourdit sensiblement l’ensemble, mais elle triple le temps de travail.
Un conseil vaut mieux qu’un long discours sur ce point. Visez deux packs de capacité moyenne plutôt qu’un seul pavé : l’un débite, l’autre se recharge, et le nez de la machine reste léger. La maniabilité y gagne autant que le rythme.
Vendue nue : la GD40CS40 ne coupe rien à la sortie du carton
La mention figure en fin de titre, à l’endroit où plus personne ne lit. Cette référence part sans accumulateur et sans chargeur. Sans accu, l’outil reste muet, et son alimentation reste à trouver ailleurs.
L’argument tient debout pour un propriétaire déjà équipé en 40 volts, dont l’accu sert aussi la tondeuse et le taille-haie. Celui qui débute, lui, devra encore courir après un accu et un chargeur avant de voir la chaîne tourner.
Le paradoxe vire au cruel dès qu’on balaie le reste du catalogue. Certaines références maison débarquent avec deux batteries et un chargeur, à peine plus haut dans la gamme que cette machine nue. La Greenworks GD40CS18K2X en est l’exemple le plus criant.
La leçon vaut pour toute la marque, et elle mérite d’être gardée en tête. Regardez toujours la version nue en face du kit avant de valider un panier. La marche entre les deux est parfois si mince que la machine seule vire à l’absurde.
Le relevé complet de la Greenworks GD40CS40
| Alimentation | batterie 40 V Greenworks, non fournie |
| Moteur | brushless, sans charbons |
| Vitesse de chaîne | 11 m/s |
| Guide | 40 cm (16 pouces) |
| Chaîne | Oregon 90PX056X, pas 3/8″ bas profil, jauge 1,1 mm, 56 entraîneurs |
| Poids | 3,64 kg sans batterie |
| Réservoir d’huile | 200 ml, translucide, graissage automatique |
| Batteries admises | 40 V, de 2 à 6 Ah |
| Tendeur de chaîne | sans outil |
| Sécurité | frein de chaîne |
Cette tronçonneuse GD40CS40 face aux batteries de 40 cm
Sur ce format de guide, la vitesse de chaîne sépare les machines de coupe des machines de taille. Trois rivales encadrent cette Greenworks, dont deux sorties du même catalogue.
| Modèle | Tension | Vitesse de chaîne | Batterie fournie | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Greenworks GD40CS40 | 40 V | 11 m/s | non | vous la croisez en fin de série et roulez déjà en 40 V |
| Greenworks GD40CS18 | 40 V | 20 m/s | non | vous voulez la même chose, en deux fois plus vif |
| Greenworks GD24X2CS36K4X | 2 x 24 V | 20 m/s | oui, deux 4 Ah | vous partez de zéro et voulez tout dans le carton |
| Makita DUC353Z | 2 x 18 V | 0 à 20 m/s | non | vous êtes déjà équipé en batteries LXT |
Le tableau est sans appel. Cette GD40CS40 est la seule à rester sous les 20 m/s, alors qu’elle se place au-dessus de plusieurs rivales dans la gamme. Sa position n’a tout simplement plus de sens. Le comparatif complet vous attend sur notre page dédiée aux tronçonneuses sans fil.
Faut-il encore acheter la Greenworks GD40CS40
Une seule situation la sauve : une fin de série franche, chez un propriétaire déjà pourvu en batteries de 40 volts. La machine est saine, la chaîne est bonne, le graissage se contrôle d’un regard. Elle fera le travail sans faillir, simplement plus lentement.
Son terrain reste celui du jardin arboré : branches à réduire, arbres tombés à débiter, quelques bûches à préparer. Le guide de 40 cm passe des sections que la plupart des machines sur accumulateur refusent, et c’est là son seul vrai atout.
Au catalogue, la question ne se pose plus une seconde. La GD40CS18 offre le même guide, la même batterie et presque le double de vitesse de chaîne, tout en se plaçant plus bas. Il n’existe aucun argument technique en faveur de cette référence.
Cette anomalie tient à l’âge des modèles. Une machine ancienne s’accroche à son rang d’origine pendant qu’une nouvelle débarque mieux dotée, sans que la hiérarchie bouge. Une même marque abrite deux générations, et le nom du modèle n’en trahit jamais rien.
Faute de moteur thermique à choyer, la maintenance se réduit au fer et à la chaîne. Notre article sur l’entretien d’une tronçonneuse déroule les contrôles dans l’ordre.
Ce que les acheteurs demandent sur la GD40CS40
Pourquoi coupe-t-elle moins vite que la GD40CS18 ?
Parce que son moteur est moins généreux, tout simplement. Les deux machines partagent le guide et la batterie, mais l’une lance la chaîne à 20 m/s quand celle-ci s’arrête à 11.
Quelle référence exacte de chaîne commander pour la GD40CS40 ?
Une Oregon 90PX056X ou son équivalent : pas 3/8 bas profil, jauge 1,1 mm, 56 entraîneurs. Méfiez-vous des chaînes en 1,3 mm, très répandues, qui ne rentrent pas dans cette gorge.
La batterie de la GD40CS40 est-elle du voyage ?
Non, ni l’accumulateur ni le chargeur. Prévoyez-les à part, et sachez que certains kits du même fabricant embarquent deux batteries d’office, à peine plus haut dans la gamme.
Quelle capacité de batterie choisir ?
De 2 à 6 ampères-heures selon l’usage. La 2 Ah préserve la légèreté, la 6 Ah triple le temps de coupe moyennant un surpoids notable sur une machine déjà lourde de l’avant.
Tient-elle sur un chantier de bûches ?
Quelques bûches, oui, avec un guide de 40 cm qui passe des sections sérieuses. Un hiver entier, non : l’autonomie et la vitesse de chaîne placent la thermique loin devant sur ce terrain.
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Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.