Vingt mètres par seconde et un guide de 40 cm : à en croire la fiche, la GD40CS18 coupe au rythme d’une thermique. Le carton, lui, cache une absence que le titre annonce en toutes lettres et que personne ne lit. L’avis répond à l’inconnue du bas de page : qu’emportez-vous exactement ?
On aime
- 20 m/s, un rythme de vraie thermique
- Guide de 40 cm, le plus long
- Moteur brushless de 1 800 watts
- Tendeur de chaîne sans outil
- Trois ans de garantie constructeur
On aime moins
- Ni batterie ni chargeur dans le carton
- Dix minutes de coupe avec une 4 Ah
- Tout à compléter une fois le carton ouvert
Pour vous si
vous possédez déjà des batteries Greenworks de 40 volts et cherchez la machine la plus vive de la plateforme.Pas pour vous si
vous partez de zéro, car il faudra encore dénicher une batterie et un chargeur, sans le savoir.20 m/s : la Greenworks GD40CS18 coupe au rythme d’une thermique
Commençons par ce qui fait sa valeur, car elle est bien réelle. Le moteur brushless de 1 800 watts propulse la chaîne à 20 m/s. Une 45 cm³ à essence ne fait pas mieux, et celle-ci s’en passe sans un soupçon de mélange.
La comparaison avec les autres machines à accumulateur est éclairante. Une Husqvarna de 36 volts plafonne à 11,8 m/s.
Une Makita du même voltage grimpe à 20, une Stihl haut de gamme à 24. La Greenworks vise donc le haut du segment, sans rougir de la comparaison. Et à l’autre bout du catalogue maison, la Greenworks Pro GCS80450 double le voltage sans approcher cette cadence.
Dans le bois, cela saute aux yeux d’emblée. Une bille de 30 cm passe sans que la chaîne faiblisse, et le fer de 40 cm ouvre des diamètres que la plupart des accus refusent. Le sans-balais assume pleinement, sans peiner ni chauffer.
Un moteur sans charbons ne se contente pas de la vitesse. Rien ne frotte à l’intérieur, la chaleur et l’usure reculent, et le couple répond au premier appui sur la gâchette. Pas de montée en régime à guetter, là où un deux temps veut être lancé avant d’entrer dans le trait.

Vendue nue, ce que le carton de la GD40CS18 ne contient pas
Voilà l’information qui fait basculer l’achat, glissée dans le titre, tout en fin de ligne, là où l’oeil ne va plus. Cette référence part sans batterie et sans chargeur. Telle quelle, elle reste une machine inerte.
Greenworks assume ce choix commercial, répandu chez les fabricants d’outils sans fil. La logique tient debout pour qui aligne déjà une tondeuse ou un taille-haie en 40 volts. Elle vire au piège pour un premier achat, une fois qu’il faut encore trouver la batterie et le chargeur.
La bonne nouvelle, c’est l’ampleur de la plateforme. Le même accu de 40 volts nourrit des dizaines d’outils de jardin chez ce fabricant. Le pack se justifie sur le parc entier, jamais sur une seule tronçonneuse.

Dix minutes de coupe : l’autonomie réelle de la GD40CS18
Le fabricant publie une donnée que ses concurrents préfèrent taire, et il faut lui reconnaître cette franchise. Avec une batterie de 4 ampères-heures, la machine coupe une dizaine de minutes. Avec une 2 Ah, la moitié.
Ce chiffre n’a rien de choquant, il découle de la physique. Un moteur de 1 800 watts lancé à 20 m/s assèche un accu à toute allure. Toutes les électriques musclées obéissent à la même règle, la vitesse se prend sur l’autonomie.
En pratique, dix minutes de chaîne en rotation couvrent une bonne heure de chantier, puisque l’outil ne tourne pas en continu. Mais quiconque débite des stères videra deux batteries avant le déjeuner. Une seconde batterie n’est pas une option, c’est une condition.
Un réflexe change beaucoup de choses sur ce point. Une chaîne bien affûtée avance seule dans le bois et sollicite moins le moteur, donc moins la batterie. Une lime négligée ampute un tiers de l’autonomie, ce que peu d’utilisateurs relient au temps de coupe.
Guide de 40 cm et chaîne 3/8 mini, les chiffres de cette tronçonneuse
Le fer est un acier Oregon, gage de sérieux sur ce genre de machine. Trois valeurs à connaître avant le premier remplacement de chaîne.
- Un pas de 3/8 pouce en version mini, celui des machines à batterie et des petites électriques.
- La jauge frappée sur le guide, à relever avant de commander quoi que ce soit.
- Le compte des entraîneurs, à relever sur la chaîne d’origine du fer de 40 cm.
Greenworks ne publie ni la jauge ni le nombre de maillons, ce qui oblige à faire le relevé soi-même. Cinq minutes de comptage valent mieux qu’un colis renvoyé. La chaîne d’origine reste la seule référence fiable, comme sur toutes les marques discrètes sur ce point.
Le pas mini n’a rien d’un handicap ici, bien au contraire. Il taille un trait plus fin, arrache moins de matière et limite le rebond, ce qui convient parfaitement à un moteur électrique. La vitesse compense largement la finesse de la gouge, et c’est tout l’intérêt de cette configuration.

3,81 kg sans batterie, le vrai poids de la Greenworks GD40CS18
La fiche annonce 3,81 kg, et ce chiffre mérite une précision immédiate. Il s’entend sans la batterie, forcément, puisqu’elle n’est pas fournie. Ajoutez un accumulateur de 40 volts et la machine approche les cinq kilos en ordre de marche.
À ce niveau, elle reste dans la moyenne de sa catégorie, ni plume ni enclume. Une Stihl de 36 volts descend à 3,1 kg nue, une Makita monte à plus de 4,6 kg une fois ses deux batteries en place. L’équilibre général penche vers l’avant, comme sur toutes les machines à guide long.
Le graissage est automatique, avec un réservoir de 180 ml et un tendeur de chaîne qui se manipule sans outil. Deux détails du quotidien plutôt bien traités, à l’image du reste de l’équipement.
Le débit d’huile mérite une attention particulière avec un fer de cette longueur. Quarante centimètres de guide consomment nettement plus qu’un fer court, et un graissage insuffisant tue une chaîne en une saison. Vérifiez la projection d’huile sur le bois avant chaque séance, elle doit être visible.
Frein de chaîne et double commande : la sécurité de la GD40CS18
Une chaîne qui file à 20 m/s ne pardonne rien, et Greenworks l’a compris. Le frein bloque la chaîne au moindre rebond, et le démarrage exige deux commandes pressées ensemble. Impossible de lancer la machine par mégarde en la saisissant.
- Le frein de chaîne, à tester au premier démarrage de chaque séance.
- La double commande de gâchette, qui interdit tout départ intempestif.
- La batterie retirée avant chaque intervention sur la chaîne ou le guide.
Ce dernier réflexe est le plus négligé, et le plus grave. Sur une thermique, le moteur coupé rassure. Sur une batterie, une gâchette effleurée suffit à tout relancer, et la main est souvent posée sur la chaîne à ce moment précis.
Le reste de l’entretien tient en peu de gestes, faute de moteur à choyer. Tension de chaîne, affûtage, nettoyage du carter et contrôle du pignon suffisent, un rituel détaillé dans notre guide pour entretenir sa tronçonneuse.
Le relevé complet de la Greenworks GD40CS18
| Alimentation | batterie 40 V Greenworks, non fournie |
| Moteur | 1 800 W, technologie brushless |
| Vitesse de chaîne | 20 m/s |
| Guide | 40 cm (16 pouces), acier Oregon |
| Chaîne | pas 3/8″ mini, jauge et entraîneurs à relever sur la machine |
| Poids | 3,81 kg sans batterie |
| Autonomie | environ 10 minutes de coupe avec une batterie de 4 Ah |
| Réservoir d’huile | 180 ml, graissage automatique |
| Tendeur de chaîne | sans outil |
| Sécurité | frein de chaîne, démarrage à double commande |
| Garantie | trois ans |
Cette tronçonneuse GD40CS18 face aux batteries de 36 volts
Sur ce créneau, la vitesse de chaîne sépare les machines sérieuses des jouets. Trois références installées servent de mètre étalon, toutes vendues nues elles aussi.
| Modèle | Tension | Vitesse de chaîne | Guide | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Greenworks GD40CS18 | 40 V | 20 m/s | 40 cm | vous voulez le guide le plus long de la catégorie |
| Stihl MSA 220 C-B | 36 V | 24 m/s | 35 cm | vous visez la plus rapide, la vitesse avant tout |
| Makita DUC353Z | 36 V | 0 à 20 m/s | 35 cm | vous êtes déjà équipé en batteries LXT de 18 V |
| Husqvarna 240i | 36 V | 11,8 m/s | 35 cm | vous privilégiez la douceur et le réseau de la marque |
La Greenworks tient la comparaison sans rougir, et elle offre même cinq centimètres de guide en plus que tout le monde. Son défaut n’est pas mécanique, il est commercial. Le reste des machines sur accumulateur figure dans notre sélection des meilleures tronçonneuses sans fil.
Pour quel jardin la GD40CS18 se justifie
Celui du propriétaire déjà rallié à la plateforme 40 volts maison, deux ou trois accus en réserve. Il ajoute une tronçonneuse capable d’attaquer du bois sérieux, sans mélange ni lanceur. L’ajout devient alors anecdotique.
Celui qui achète sa première machine sans fil regardera l’ensemble à emporter avant de valider le panier. À configuration comparable, une version livrée avec batterie et chargeur reste plus sage. Sa petite soeur au guide de 35 cm, la Greenworks GD40CS15, mérite aussi le détour.
Reste que sur le pur plan technique, peu de machines sur accumulateur alignent un tel guide et une telle vitesse de chaîne. La mécanique n’a rien à se reprocher, seule la façon de la vendre pose problème. Les modèles de métier sont regroupés dans notre sélection des meilleures tronçonneuses pro.
Ce qu’on demande avant d’acheter la GD40CS18
Le carton de la GD40CS18 contient-il de quoi couper ?
Oui, cette référence se vend machine seule, sans batterie ni chargeur. C’est écrit à la fin du titre du produit, là où le regard ne s’arrête plus. Prévoyez les deux à la commande.
Combien de temps coupe-t-elle par charge sur la GD40CS18 ?
Une dizaine de minutes de chaîne en rotation avec une batterie de 4 Ah, selon le fabricant lui-même. Cela couvre une bonne heure de chantier réel, puisque l’outil ne tourne pas sans interruption.
Ses 20 m/s valent-ils ceux d’une thermique ?
Sur le papier, oui : une thermique de 45 cm³ tourne dans ces eaux. La différence tient à l’endurance, pas à la vitesse. La thermique coupe toute la journée, celle-ci s’arrête quand la batterie se vide.
Quelle chaîne remonter dessus ?
Une 3/8 en version mini, mais Greenworks ne publie ni la jauge ni le nombre d’entraîneurs. Relevez les deux sur la chaîne d’origine, c’est la seule façon de ne pas se tromper.
Faut-il vraiment un pantalon anti-coupure ?
Absolument, et plus encore que sur une thermique. Le silence de la batterie endort la vigilance, alors que la chaîne file à la même vitesse. Les protections restent les mêmes, quel que soit le moteur.
🪓
Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.