Un frein de chaîne signé Oregon, un moteur sans balais et 40 volts sous le capot : sur la fiche technique, la Fuxtec E212C ressemble à la machine la plus sérieuse du catalogue de la marque. Deux chiffres viennent tout compliquer, et ils ne figurent jamais dans les descriptifs. On les a recoupés pour vous : que vaut-elle vraiment ?
On aime
- Double frein de chaîne signé Oregon
- Moteur sans balais, sans charbon à changer
- Batteries jusqu’à six ampères-heures acceptées
- Tension de chaîne sans le moindre outil
- Graissage automatique de la chaîne
On aime moins
- 4,8 kg sans même la batterie
- Chaîne plus lente que le set 40 V
- Ni batterie ni chargeur fournis
Pour vous si
vous possédez déjà des batteries 40 V de la marque et cherchez la machine la mieux protégée du catalogue, freins compris.Pas pour vous si
vous partez de zéro, car le set 40 V du même fabricant coupe plus vite et arrive avec ses deux batteries.Double frein Oregon : la vraie signature de la Fuxtec E212C
Voilà l’argument que le fabricant met en avant, et pour une fois il est mérité. La machine embarque deux freins de chaîne distincts, un mécanique et un électrique, tous deux estampillés Oregon. La chaîne s’arrête deux fois plutôt qu’une.
Le frein mécanique se déclenche par la protège-main avant, en cas de rebond. Le frein électrique, lui, immobilise la chaîne dès que la gâchette se relâche, sans laisser la moindre inertie. Plus rien ne tourne une fois le doigt levé, et le geste de repli devient sûr.
La caution Oregon compte aussi pour la suite. C’est le fournisseur de référence en matière de guides et de chaînes, ce qui laisse présager d’une bonne disponibilité des rechanges. Sur une machine vendue par correspondance, ce détail rassure.

4,8 kg à vide, le poids qui plombe la E212C
Le chiffre est à peine croyable et personne ne le met en avant. La machine pèse 4,8 kg sans batterie, pour un guide de 30 cm seulement. Une thermique de 40 cm³ fait aussi bien, avec un fer plus long et un moteur à explosion.
Ajoutez une batterie de 4 ou 6 Ah, et l’ensemble dépasse allègrement les cinq kilos et demi en ordre de marche. Sur une machine censée incarner la légèreté du sans-fil, l’argument tombe à plat. Le bras encaisse dès la vingtième bûche.
Le poids se concentre à l’arrière, sur le bloc de batterie. L’équilibre reste correct guide engagé dans le bois, mais la machine se manie sans plaisir dès qu’il faut la tenir à bout de bras ou travailler en hauteur.

E212C ou set 40 V, la comparaison qui fâche
Le catalogue de la marque piège l’acheteur pressé. Cette machine se vend nue, sans énergie, tandis que le set 40 V de la même famille arrive avec deux batteries et un double chargeur. Le carton le mieux garni est celui du set, pas de la machine seule.
- Une chaîne à 10 m/s ici, contre 15 m/s sur le set à deux batteries.
- Un guide de 30 cm, contre 35 cm sur la version en set.
- Aucune batterie fournie, alors que le set en livre deux avec son chargeur.
La conclusion s’impose sans discussion. Cette référence ne se défend que si vos batteries 40 V dorment déjà au garage. Sinon, le set complet fait mieux : plus rapide, guide plus long, énergie dans le carton.

Moteur sans balais et autonomie de cette tronçonneuse à batterie
Le moteur sans balais est le seul de tout le catalogue de la marque. Il supprime les charbons, donc l’usure et la chaleur perdue, et il tient mieux le régime en charge. La chaîne ne s’effondre pas dans le bois dur, à défaut d’être rapide.
Le fabricant avance un chiffre d’autonomie précis, ce qui reste rare. Avec une batterie de 6 Ah, la machine réalise jusqu’à 200 coupes dans du chevron de 11 par 11 centimètres. Ce plafond sort d’un protocole d’atelier, pas d’une journée de débit sous la pluie.
Les batteries de 2, 4 et 6 Ah sont acceptées, ce qui laisse le choix entre légèreté et endurance. La plus petite garde la machine à peu près maniable, la plus grosse allonge la séance mais alourdit encore un ensemble déjà lourd.
Un dernier point sans détour. Cette machine ne coupe qu’à 10 m/s, quand le set 40 V du même fabricant atteint 15 avec un moteur pourtant plus rustique. Le sans-balais sert la longévité, pas la vitesse de coupe, et mieux vaut le savoir d’avance.
Tension sans outil et graissage de la Fuxtec E212C
La molette de tension évite de sortir la moindre clé, un confort réel sur une chaîne neuve qui s’allonge sans arrêt les premières heures. Le réglage se fait en dix secondes, machine posée au sol et batterie retirée.
- La tension contrôlée à froid, la chaîne devant se soulever de deux à trois millimètres.
- Le niveau d’huile vérifié avant chaque séance, le graissage travaille en continu.
- La gorge du guide dégagée, la sciure humide s’y compacte et bloque le film d’huile.
Le moteur sans balais dispense de tout le reste, ni charbons à remplacer ni carburateur à régler. La chaîne reste la seule vraie pièce d’usure, et elle s’affûte à la lime comme sur n’importe quelle thermique.
Le relevé constructeur de la Fuxtec E212C
| Tension | 40 V, machine vendue nue |
| Moteur | sans balais |
| Vitesse de chaîne | 10 m/s |
| Guide | 30 cm (12 pouces) |
| Poids | 4,8 kg sans la batterie |
| Freins | double système Oregon, mécanique et électrique |
| Tension de chaîne | sans outil |
| Graissage | automatique |
| Batteries admises | 2,0, 4,0 ou 6,0 Ah |
| Autonomie annoncée | jusqu’à 200 coupes en chevron de 11 x 11 cm avec une 6 Ah |
Cette tronçonneuse sans fil face à ses rivales
Le premier adversaire de cette machine porte le même logo. Le tableau ajoute une référence japonaise pour situer le niveau réel, et une petite électrique pour marquer le bas de la gamme.
| Modèle | Énergie | Guide | Vitesse de chaîne | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Fuxtec E212C | 40 V, machine nue | 30 cm | 10 m/s | vos batteries 40 V sont déjà au garage |
| Fuxtec FX-E2KS | 40 V, deux batteries fournies | 35 cm | 15 m/s | vous partez de zéro et voulez un set complet |
| Makita DUC353Z | 36 V, machine nue | 30 à 40 cm | 0 à 20 m/s | vous voulez une vraie machine de débit sans fil |
| Fuxtec FX-E1KS20 | 20 V, batterie fournie | 25 cm | 5 m/s | vous cherchez juste de quoi dépanner |
Le verdict du tableau est sans appel : dans sa propre gamme, cette machine se fait doubler par un set mieux fourni et plus rapide. Seul le double frein Oregon la sauve. Toutes les machines de la marque sont sur notre page des tronçonneuses Fuxtec.
À qui la E212C peut encore rendre service
Le jardinier déjà équipé en batteries 40 V de la marque, qui veut une machine mieux freinée que les autres et se moque du poids. La sécurité prime alors sur le confort, et le raisonnement se tient.
Celui qui démarre de zéro fera un bien meilleur choix avec le set complet. Les autres machines sans fil, toutes marques confondues, sont comparées sur notre page des tronçonneuses à batterie.
Les questions posées avant d’acheter la E212C
La batterie est-elle fournie avec la E212C ?
Non, la machine se vend nue, sans batterie ni chargeur. Il faut prévoir un bloc 40 V de 2, 4 ou 6 Ah et son chargeur, ce qui change sérieusement le total de départ.
Combien de coupes avec une charge sur la Fuxtec E212C ?
Le fabricant annonce jusqu’à 200 coupes dans du chevron de 11 par 11 cm avec une batterie de 6 Ah. Ce chiffre correspond à un protocole d’essai, le bois dur et une chaîne fatiguée le feront fondre.
Faut-il lui préférer le set à deux batteries ?
Si vous partez de zéro, oui sans hésiter : le set arrive avec ses batteries et son chargeur, coupe une fois et demie plus vite et offre un guide plus long. Cette machine ne se défend qu’avec des batteries déjà possédées.
Que vaut le double frein Oregon ?
C’est le meilleur équipement de sécurité de la gamme. Un frein mécanique arrête la chaîne en cas de rebond, un frein électrique l’immobilise dès le relâchement de la gâchette. Peu de machines de ce format proposent les deux.
Comment entretenir cette tronçonneuse ?
Aucun entretien moteur, mais la chaîne s’affûte, la gorge du guide se nettoie et le niveau d’huile se surveille avant chaque séance. Le rituel complet figure dans notre article sur l’entretien d’une tronçonneuse.
🪓
Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.