Trois kilos, un moteur thermique et une poignée sur le dessus : la Fuxtec FX-KS226 ressemble à s’y méprendre aux élagueuses que les grimpeurs professionnels emmènent dans les arbres. Elle se vend pourtant au rayon grand public, à portée du premier jardinier venu. Avant tout avis sur la coupe, une question de droit se pose : qui peut s’en servir ?
- Trois kilos, une main suffit
- Chaîne lancée à 23 m/s
- Graissage automatique de la chaîne
- Thermique, donc aucune batterie à recharger
- Chaîne au format universel
- Poignée haute réservée aux pros formés
- Coupe utile de 20 cm seulement
- Vibrations élevées pour ce format
Poignée haute : ce que la Fuxtec FX-KS226 exige de son utilisateur
La poignée est posée sur le dessus du carter, et ce n’est pas un choix esthétique. Cette architecture est celle des machines conçues pour être tenues d’une seule main, dans un arbre, par un grimpeur encordé. Le format vise les professionnels formés, la norme européenne est claire là-dessus.
Le danger n’a rien de théorique. Une chaîne lancée à 23 m/s, tenue à une main, au-dessus de la tête, sur une échelle qui bouge : voilà l’accident type de l’élagage amateur. Le rebond arrive sans prévenir, et aucune seconde main ne retient la machine.
Un particulier peut parfaitement l’utiliser, mais les deux pieds au sol et les deux mains dessus. Dans cette configuration, elle taille des rejets, dégage des branches basses et débite du petit bois sans le moindre reproche. Tout le reste relève du métier.

30 cm de guide, 20 cm de coupe, le vrai format de la FX-KS226
Le chiffre affiché sur le carton annonce un guide de 30 cm, soit douze pouces. La coupe utile, elle, s’arrête à 20 selon le fabricant lui-même. Dix centimètres disparaissent dans le carter, et l’écart compte au moment d’attaquer une branche.
C’est un écart important, plus marqué que sur la plupart des machines de ce format. Il faut donc raisonner en diamètre de branche, pas en longueur de fer. Une charpentière de 25 cm ne passera pas en une seule fois, quoi qu’en dise l’emballage.
Sur des rejets, des gourmands et des branches de bras, en revanche, l’ensemble travaille très correctement. Les 0,7 kW suffisent largement à ce programme, et les 23 m/s donnent une coupe étonnamment vive pour la cylindrée.
Un dernier point pour les acheteurs pressés. Le réservoir d’essence ne tient que 230 ml, un volume minuscule qui impose des ravitaillements fréquents. Le bidon reste du voyage, même pour une simple séance de taille au jardin.
La chaîne de la FX-KS226, trois chiffres et aucun piège
Bonne nouvelle, cette machine ne réclame aucune pièce exclusive. Le format retenu est celui des petites tronçonneuses du marché, disponible dans n’importe quelle jardinerie. La chaîne se trouve en rayon et se change en cinq minutes.
- Le pas de 3/8 pouce profil bas, qui mesure 9,525 mm entre deux rivets.
- Des maillons de 1,3 mm d’épaisseur, la largeur qui glisse dans la gorge.
- Le compte d’entraîneurs relevé sur la chaîne d’origine, avant toute commande.
Le graissage est automatique, alimenté par un réservoir de 160 ml. Sur une machine de ce gabarit, ce volume tient une bonne séance de taille. Contrôlez tout de même le niveau à chaque plein d’essence, la pompe travaille en continu dès que le moteur tourne.

6,89 m/s² sur trois kilos, ce qu’elle renvoie dans la main
Le chiffre surprend sur une machine aussi légère. Le constructeur annonce 6,89 m/s² à la poignée, une valeur qu’on attendrait sur une thermique deux fois plus grosse. La légèreté ne filtre pas les trépidations, elle les transmet.
L’explication tient à la masse. Un carter léger absorbe mal les vibrations d’un deux temps qui tourne haut dans les tours. Les élagueuses à batterie descendent sous les 3 m/s², soit deux fois moins. Le moteur thermique se rappelle ici, en plus du bruit.
La puissance acoustique atteint 117 dB(A), le niveau d’une grosse thermique. Casque, gants et lunettes sont indispensables, même pour vingt minutes dans un verger. La chaîne ne fait aucune différence entre une branche et un doigt.
Carburant et entretien de cette tronçonneuse d’élagage
- Un réservoir d’essence de 230 ml, minuscule, à remplir souvent.
- Le dosage 1:40 du mélange, la règle chez ce fabricant.
- Un carburant frais de moins de trois mois, le petit carburateur s’encrasse vite.
Le point faible des petits moteurs est connu : ils supportent très mal l’essence vieillie. Un bidon oublié tout l’hiver dans le garage suffit à transformer le démarrage en calvaire. Videz le réservoir avant l’hivernage, ce geste évite la plupart des pannes de printemps.
Le reste de l’entretien tient en peu de gestes, cylindrée oblige. Un filtre à air soufflé après chaque séance poussiéreuse, une bougie contrôlée en début de saison, une chaîne affûtée dès que la sciure poudre. Une gouge émoussée fait forcer le moteur bien plus que le bois lui-même.

Les chiffres officiels de la Fuxtec FX-KS226
| Cylindrée | 25,4 cm³, deux temps refroidi par air |
| Puissance | 0,7 kW (0,95 ch) |
| Vitesse de chaîne | 23 m/s |
| Guide | 30 cm (12 pouces), coupe utile de 20 cm |
| Chaîne | pas 3/8″ profil bas (9,525 mm), jauge 1,3 mm |
| Poids | environ 3 kg |
| Réservoirs | 230 ml de carburant, 160 ml d’huile de chaîne |
| Mélange deux temps | 1:40 |
| Puissance acoustique | 117 dB(A) |
| Vibrations | 6,89 m/s² |
| Équipement | graissage automatique, poignée haute, fourreau de guide |
Cette tronçonneuse d’élagage face aux autres solutions
Le vrai choix ne se joue pas entre deux élagueuses thermiques, mais entre trois philosophies : le moteur à essence, la batterie et la machine de métier. Chacune impose son cadre d’usage, et c’est lui qui décide.
| Modèle | Énergie | Guide | Vibrations | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Fuxtec FX-KS226 | thermique, 25,4 cm³ | 30 cm | 6,89 m/s² | vous voulez une élagueuse thermique sans viser une grande marque |
| Fuxtec FX-E1KS20 | batterie 20 V | 25 cm | selon la version | vous préférez le silence et zéro mélange à préparer |
| Makita DUC254Z | batterie 18 V | 25 cm | 2,5 m/s² | vous voulez la machine des grimpeurs, sans les vibrations |
| Husqvarna T525 | thermique, 25,4 cm³ | 30 cm | machine de métier | vous grimpez en professionnel et voulez du matériel homologué |
À cylindrée identique, la suédoise joue dans une autre catégorie de finition et de sécurité, réservée au métier. La Fuxtec vise le particulier averti, pas le grimpeur. Toute la gamme est sur notre page des tronçonneuses Fuxtec.
À qui la FX-KS226 rend vraiment service
Le propriétaire d’un verger qui coupe ses rejets au sol, dégage les branches basses et débite du petit bois, deux mains bien posées sur la machine. Le poids plume épargne le bras et le moteur thermique ne connaît jamais la panne de batterie, même au fond du terrain.
Celui qui compte monter dans l’arbre doit se former, s’équiper et choisir du matériel homologué pour cet usage. Les autres élagueuses, batterie comprise, sont comparées sur notre page des tronçonneuses d’élagage.
Les questions posées avant d’acheter la FX-KS226
Un particulier peut-il utiliser la FX-KS226 ?
Oui, au sol et à deux mains. L’usage à une main, en hauteur, relève du travail professionnel encadré et suppose une formation spécifique. C’est le cadre prévu pour toute machine à poignée haute, quelle que soit la marque.
Quel diamètre de branche coupe-t-elle ?
Jusqu’à 20 cm, la coupe utile annoncée par le fabricant, malgré un guide de 30 cm. Au-delà, il faut reprendre la branche de l’autre côté, une manœuvre déconseillée en hauteur.
Quelle chaîne acheter pour la FX-KS226 ?
Une chaîne au pas de 3/8 pouce profil bas, jauge 1,3 mm, avec le nombre d’entraîneurs relevé sur la chaîne montée. Ce format universel se trouve partout et ne pèse rien dans le panier.
Faut-il lui préférer une élagueuse à batterie ?
Pour un usage domestique, souvent oui : moins de bruit, deux fois moins de vibrations, aucun mélange à préparer. Le thermique garde l’avantage de l’autonomie illimitée, sans chargeur ni batterie à surveiller.
Comment éviter les pannes de démarrage ?
En n’utilisant que du carburant frais et en vidant le réservoir avant l’hiver. Les petits carburateurs de ce format supportent très mal l’essence vieillie, comme l’explique notre guide sur l’essence à utiliser.
🪓
Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.