Vingt-quatre volts qui coupent presque deux fois plus vite que quarante volts, chez le même fabricant. La Greenworks GD24CS30 démolit à elle seule l’argument commercial le plus répandu du rayon batterie. Notre avis en fait la démonstration chiffrée : le voltage ne coupe rien du tout.
On aime
- 7,8 m/s, presque le double des 40 V
- Moteur brushless, rare à ce tarif
- 2,6 kg, elle se tient d’une main
- Réservoir d’huile de 200 ml, translucide
- Indicateur de charge à diodes
On aime moins
- Ni batterie ni chargeur dans le carton
- Guide de 30 cm, pas davantage
- Une seule batterie, autonomie limitée
Pour vous si
vous voulez une compacte légère qui coupe vraiment, et que vous possédez ou visez la plateforme 24 volts de la marque.Pas pour vous si
vous cherchez un kit complet, car cette référence part machine seule et la facture grimpe ensuite.7,8 m/s en 24 volts : la Greenworks GD24CS30 double les 40 volts
Posez les deux fiches côte à côte, et l’évidence saute aux yeux. Cette machine de 24 volts lance sa chaîne à 7,8 m/s. La 40 volts d’entrée de gamme du même fabricant, avec un guide identique, plafonne à 4,2 m/s.
Presque le double de vitesse, avec une tension deux fois plus faible. La raison tient en un mot : le moteur. Celui-ci est un brushless, sans charbons, quand l’autre se contente d’un bloc à balais. Le rendement fait tout, la tension ne fait rien.
Un moteur à balais perd une partie de son énergie en frottement et en chaleur. Le sans-balais, piloté électroniquement, envoie le courant là où il sert. À capacité de batterie égale, il coupe plus vite et plus longtemps, ce qui règle le débat une bonne fois.
La règle vaut pour tout le rayon, et elle mérite d’être affichée au-dessus de l’établi. Les volts décrivent un accumulateur, pas une coupe. Seule la vitesse de chaîne dit ce que la machine fait au bois, et elle se cache toujours en petits caractères.

2,6 kg : la GD24CS30 se manie d’une seule main
La balance s’arrête à 2,6 kg, accumulateur non compris. Batterie montée, l’ensemble reste sous les quatre kilos, ce qui la classe parmi les plus légères du rayon. Le poignet ne proteste jamais, même après une heure de taille.
Ce gabarit ouvre des usages qu’une machine lourde interdit. Une branche haute, un rejet en fond de haie, un dégagement après une tempête : le geste reste précis parce que le bras ne tremble pas. La légèreté vaut de la puissance sur ce genre de chantier.
Les poignées reçoivent un revêtement souple, et l’équilibre général tombe juste. La batterie fait contrepoids à l’arrière, ce qui empêche le nez du guide de piquer vers le sol quand la main relâche la pression.
Ce détail compte plus qu’on ne l’imagine sur une longue séance. Une machine mal équilibrée oblige le poignet à corriger en permanence, et la fatigue s’installe sans prévenir. Le centre de gravité fait autant que le poids affiché, une évidence que les fiches produit ignorent superbement.

Vendue nue : la GD24CS30 réclame batterie et chargeur
Le refrain revient sur toute la gamme, et il faut le chanter une fois de plus. Cette référence part machine seule. Aucun accumulateur, aucun chargeur dans le carton, la mention figurant en fin de titre du produit.
La plateforme 24 volts joue toutefois en sa faveur. C’est la plus répandue chez ce fabricant, et la même batterie alimente taille-haies, souffleurs et coupe-bordures. Elle sert aussi la grosse tronçonneuse de 48 volts, qui en réclame simplement deux à la fois.
Ce détail change la valeur de l’investissement. Une batterie achetée aujourd’hui pour cette petite machine servira demain à une machine bien plus musclée. Le parc grandit sans jamais rien mettre au rebut, ce qui reste le seul vrai argument économique de l’accumulateur.
Celui qui débute doit donc faire l’addition complète avant de valider. Batterie et chargeur représentent une somme comparable au prix de la machine. Pour un premier achat, un kit complet reste souvent plus économique, même chez la concurrence.
Un conseil pratique, pour qui franchit le pas. Deux accumulateurs de capacité moyenne valent mieux qu’un seul de forte capacité : pendant que l’un travaille, l’autre récupère sur le chargeur. La rotation prime sur l’ampérage, sur toutes les machines de ce format.

Huile, tension et diodes : l’équipement de la GD24CS30
Le fabricant a soigné les détails du quotidien, et cela se remarque à l’usage. Trois éléments méritent d’être connus avant de sortir la machine du garage.
- Deux cents millilitres d’huile dans un bidon translucide, lisible d’un regard.
- Un tendeur de chaîne sans outil, réglable à la molette en pleine séance.
- Un indicateur de charge à diodes, qui évite la panne sèche en plein élagage.
Le réservoir transparent est le plus rentable des trois. Privée d’huile, une chaîne monte en température, se dilate et ruine le fer en une poignée d’heures. Voir le niveau supprime toute excuse, là où un bidon opaque laisse découvrir le désastre bien trop tard.
Greenworks ne publie ni la jauge ni le compte des entraîneurs de la chaîne montée. Le relevé se fait donc sur le fer, avant toute commande, et notre guide détaille comment tendre une chaîne de tronçonneuse au bon point.
Ce que la GD24CS30 coupe, et ce qu’elle refuse
Avec 7,8 m/s et un guide de 30 cm, cette machine avale des branches, des rejets et du bois tendre jusqu’à une vingtaine de centimètres. La chaîne mord franchement, sans l’hésitation des premiers prix qui rampent sous les 5 m/s.
La différence se sent dès le premier passage. Une chaîne vive tire la machine dans le bois, quand une chaîne lente oblige la main à pousser. Pousser sur le guide est le pire réflexe qui soit, car il chauffe la chaîne, vide la batterie et n’accélère rien.
Passé ce diamètre, la patience devient nécessaire. Le fer est court, la puissance modeste, et le débit de bûches n’entre pas dans son cahier des charges. Elle taille, elle ne fait pas de stère, et personne ne devrait attendre autre chose d’elle.
Trois réflexes prolongent nettement la vie de cette petite machine, et ils ne coûtent rien.
- Laisser la chaîne travailler seule, sans peser sur le guide, ce qui économise la batterie.
- Affûter dès que la sciure devient poudreuse, signe que les gouges ne coupent plus.
- Sortir la batterie du logement avant toute intervention sur le fer ou la chaîne.
Le deuxième point est le plus rentable. Une gouge émoussée force le moteur, qui pompe du courant pour compenser, et l’autonomie fond à vue d’oeil. Cinq minutes de lime valent dix minutes de batterie, un calcul que personne ne fait.
Le dispositif anti-rebond limite les mauvaises surprises quand le nez du guide touche une branche, et un frein vient stopper la chaîne au premier soubresaut. Sur un outil aussi maniable, la tentation de travailler d’une seule main guette, et c’est précisément là que naissent les accidents.
Les données complètes de la Greenworks GD24CS30
| Alimentation | batterie 24 V Greenworks, non fournie |
| Moteur | brushless, sans charbons |
| Vitesse de chaîne | 7,8 m/s |
| Guide | 30 cm (12 pouces) |
| Chaîne | jauge et entraîneurs non publiés, à relever sur la machine |
| Poids | 2,6 kg sans batterie |
| Réservoir d’huile | 200 ml, translucide, graissage automatique |
| Tendeur de chaîne | sans outil |
| Sécurité | frein de chaîne, protection anti-rebond |
| Garantie | trois ans |
La GD24CS30 face aux compactes du marché
Le tableau ci-dessous aligne les vitesses de chaîne, et il enterre définitivement l’argument du voltage. Deux machines du même catalogue s’y affrontent, à des tensions opposées.
| Modèle | Tension | Vitesse de chaîne | Poids | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Greenworks GD24CS30 | 24 V | 7,8 m/s | 2,6 kg | vous voulez une compacte légère qui coupe vraiment |
| Greenworks G40CS30II | 40 V | 4,2 m/s | 2,6 kg | vous avez déjà des batteries 40 V à écouler |
| Greenworks GD24X2CS36K4X | 2 x 24 V | 20 m/s | 3,8 kg | vous voulez la vraie machine de coupe, batteries comprises |
| Alpina ACS 20 Li | 20 V | 14,5 m/s | 3,08 kg | vous voulez un kit complet à petit prix |
La démonstration est faite. À poids identique, la 24 volts double la 40 volts sur le seul chiffre qui compte. Le nombre de volts n’a jamais coupé un rondin. Le rayon complet est classé dans notre classement des tronçonneuses à batterie.
Le jardin taillé pour la Greenworks GD24CS30
Celui du jardinier qui taille des fruitiers, reprend une haie montée en graine et débite les branches tombées après un coup de vent. Deux kilos six au bout du bras, aucun mélange à préparer, un bouton et la chaîne tourne.
Celui qui veut couper du bois de chauffage regardera vers la grosse 48 volts de la marque, dont la chaîne file à 20 m/s avec ses deux accumulateurs. À chaque usage sa machine, et la gamme couvre les deux, à condition de savoir lire les fiches.
La bonne nouvelle, c’est que les deux partagent la même famille de batteries. Un accumulateur acheté pour celle-ci servira demain à la grosse, qui en réclame simplement une paire. Le parc se construit sans rien jeter, ce qui reste le vrai argument de la batterie.
L’entretien, lui, se résume à peu de gestes puisqu’il n’y a ni bougie ni carburateur à surveiller. Le rituel du dispositif de coupe est repris dans notre guide pour entretenir sa tronçonneuse.
Les questions récurrentes sur la GD24CS30
Comment une 24 V bat-elle une 40 V ?
Par son moteur. Celui-ci est un brushless, sans charbons, quand la 40 volts d’entrée de gamme utilise un bloc à balais. Le rendement du premier écrase celui du second, quelle que soit la tension.
Sa batterie sert-elle sur d’autres machines ?
Oui, sur toute la gamme 24 volts du fabricant, la plus étendue de son catalogue. Deux de ces accumulateurs alimentent même la grosse tronçonneuse de 48 volts, qui les monte en série.
Jusqu’à quel diamètre coupe-t-elle ?
Une vingtaine de centimètres confortablement, avec son guide de 30 cm. Au-delà, la coupe s’allonge et l’accumulateur se vide vite. Ce format reste celui de la taille, pas du débit de bûches.
La GD24CS30 est-elle livrée prête à couper ?
Non, il faut acheter l’accumulateur et le chargeur à part, et leur coût cumulé approche celui de la tronçonneuse. Faites l’addition complète avant de valider le panier.
Faut-il un pantalon anti-coupure avec la GD24CS30 ?
Sans discussion. Une chaîne à 7,8 m/s tranche un mollet comme une branche, et le silence de la batterie donne une fausse impression d’innocuité. Les protections valent pour toutes les motorisations.
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Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.