Une électrique qui envoie 2000 watts et un guide de 40 cm, ça ne court pas les rayons. La Husqvarna 420EL se branche sur une simple prise et vise le propriétaire qui coupe toujours au même endroit. L’avis pèse ce qu’elle abat pour de vrai, et surtout ce que le fil change dans votre journée.
- 90,8 dB(A), les voisins vous pardonnent
- Guide de 40 cm, rare en filaire
- Tendeur sans outil, réglage à la molette
- Aucun mélange, aucun carburateur
- Arrêt de chaîne en moins d’une seconde
- Le câble limite tout le rayon
- 4,7 kg, lourde pour une électrique
- Tarif élevé face aux filaires concurrentes
2000 W au bout d’un câble : ce que coupe vraiment cette tronçonneuse
Les 2000 watts, c’est la puissance tirée sur le secteur, pas ce qui arrive à la chaîne. C’est la règle sur toutes les électriques, et il faut compter avec. Face à une thermique de 38 cm³, le rendement final reste un cran en dessous.
En pratique, le couple débarque instantanément, sans montée en régime. Sur du bois tendre jusqu’à 30 cm, elle avance proprement sans broncher. Et le guide de 40 cm ouvre la porte à des sections que la plupart des filaires refusent tout net.
La limite se lit sur la vitesse de chaîne : 14,5 m/s à plein régime, nettement moins que les 16,8 d’une petite thermique. Dans du chêne sec, inutile de forcer sur le guide, sinon le moteur ralentit et chauffe.

Le câble de la Husqvarna 420EL, sa vraie contrainte
Autant être direct : c’est le point qui décide de l’achat. La machine arrive avec un cordon de 5 mètres, autant dire rien du tout. Une rallonge de chantier devient obligatoire, et elle fait partie du matériel de base, au même titre qu’une chaîne de rechange.
Et cette rallonge ne se choisit pas au hasard. Une section trop fine sur trente mètres fait chuter la tension, et le moteur perd de la puissance sans un bruit. Trois règles suffisent à ne pas brider la machine.
- Une section de 2,5 mm² au-delà de vingt mètres, jamais du 1,5 mm² d’appoint.
- Un câble entièrement déroulé : un enrouleur en couronne chauffe et peut fondre.
- Une prise sur différentiel 30 mA, la seule vraie protection si le cordon est sectionné.
Reste le geste, permanent. Le câble se coince sous les bûches, s’accroche aux souches, se retrouve toujours du mauvais côté. Un jour ou l’autre, la chaîne finit par mordre son propre cordon, et c’est la première cause de mort de ces machines.
90,8 dB(A), cette tronçonneuse plus discrète que les thermiques
Voilà l’argument que personne ne met en avant, et il pèse lourd. Husqvarna publie 90,8 dB(A) à l’oreille, contre 102 pour une petite thermique. L’échelle étant logarithmique, l’écart perçu dépasse largement ces onze points.
Concrètement, vous coupez un dimanche matin sans transformer le quartier en scierie. La protection auditive reste conseillée sur une longue session, mais les oreilles ne sifflent plus en fin de matinée.
Les vibrations suivent la même pente. La fiche donne 3,9 m/s², une valeur basse, sans les à-coups d’un deux-temps. Ajoutez l’absence de gaz d’échappement dans la figure, et le confort passe dans une autre catégorie qu’une thermique de puissance voisine.

Chaîne et guide de la 420EL : les trois valeurs à retenir
Beaucoup s’imaginent qu’une électrique avale n’importe quelle chaîne. C’est faux : les règles sont exactement celles d’une thermique. Trois valeurs, et une seule dépend du guide monté.
- Le pas, 3/8″ mini, celui des petites machines, jamais le .325 des grosses thermiques.
- Un maillon de 1,3 mm d’épaisseur, ce que les fabricants appellent la jauge.
- 56 entraîneurs pour le guide de 40 cm livré d’origine.
La chaîne d’usine est une H37 semi-carrée, qui se relime sans matériel particulier. Le tendeur se règle à la molette, sans clé, et la fenêtre de niveau d’huile évite l’oubli fatal. Un guide à sec s’use en quelques minutes, bien plus vite que le peu d’huile épargné.
Zéro mélange, zéro carburateur, l’entretien réduit de la 420EL
C’est la promesse de l’électrique, et elle est tenue. Aucune essence à préparer, aucune huile deux-temps à doser, aucun filtre à air à décrasser. La machine qui dort six mois repart au premier appui sur la gâchette, ce qu’aucune thermique ne garantit.
L’entretien se résume à deux gestes. Le plein d’huile de chaîne, à surveiller à chaque séance. Et l’affûtage, aussi vital ici qu’en thermique : une chaîne émoussée fait forcer le moteur électrique et déclenche sa sécurité thermique.
La tension mérite le même soin qu’en thermique : à froid, sans excès. Notre méthode pour tendre correctement une chaîne donne le repère exact, valable pour toutes les machines à chaîne.

La 420EL sur le papier, ligne par ligne
| Puissance | 2000 W (230 V) |
| Poids | 4,7 kg (sans guide ni chaîne) |
| Guide d’origine | 40 cm |
| Pas de chaîne | 3/8″ mini |
| Jauge | 1,3 mm (.050″) |
| Chaîne d’origine | H37, 56 entraîneurs en 40 cm |
| Vitesse de chaîne | 14,5 m/s à puissance maxi |
| Pression sonore | 90,8 dB(A) |
| Puissance acoustique garantie | 103 dB(A) |
| Vibrations | 3,9 m/s² |
| Cordon d’alimentation | 5 m (rallonge nécessaire) |
| Équipement | Tendeur sans outil, fenêtre de niveau d’huile, frein de chaîne à inertie, griffes d’abattage |
Filaire, thermique ou batterie : où placer cette tronçonneuse ?
Trois technologies se disputent le même usage domestique, chacune avec son compromis à assumer. Le tableau met la 420EL face à ses alternatives directes chez Husqvarna.
| Modèle | Énergie | Puissance | Poids | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Husqvarna 420EL | Filaire 230 V | 2000 W | 4,7 kg | vous coupez toujours au même endroit, près d’une prise |
| Husqvarna 120i | Batterie 36 V | 0,8 kW | 2,95 kg | vous voulez la liberté de mouvement et le poids plume |
| Husqvarna 135 Mark II | Thermique | 1,6 kW | 4,68 kg | vous sortez des stères loin de toute alimentation |
| Husqvarna 130 | Thermique | 1,5 kW | 4,7 kg | vous cherchez le ticket d’entrée thermique de la marque |
L’arbitrage tient à un seul critère : la distance à la prise. La 420EL coupe plus fort qu’une 120i à batterie et se fait oublier côté carburant. Son guide de 40 cm dépasse celui des deux thermiques du tableau, et c’est son meilleur argument.
Qui a réellement besoin d’une Husqvarna 420EL ?
Le profil type coupe son bois au même endroit, année après année. Un chevalet dans la cour, une prise à dix mètres, des bûches à débiter par sacs entiers. Sur ce scénario, la filaire enterre la thermique : pas de mélange, pas de bruit, pas de fumée.
Elle parle aussi à ceux qui coupent rarement. Une thermique qui dort onze mois réclame du carburant frais et finit souvent chez le réparateur. La 420EL, elle, attend six mois sans broncher, et les autres modèles branchés sont sur notre page des meilleures tronçonneuses électriques.
Son vrai point faible reste le fil. Dès que le bois s’éloigne de la maison, une 38 cm³ thermique et autonome de la gamme Husqvarna reprend la main. La 420EL ne se justifie que si le silence et le zéro-entretien comptent vraiment pour vous.
Ce que les acheteurs de 420EL veulent savoir
Quelle rallonge utiliser avec la Husqvarna 420EL ?
Une rallonge de chantier en 2,5 mm² au-delà de vingt mètres, entièrement déroulée. Une section trop faible fait chuter la tension et prive le moteur de puissance. Un enrouleur laissé en couronne chauffe et devient un vrai risque.
La 420EL est-elle assez puissante pour du bois de chauffage ?
Pour du débit sur chevalet, oui, sans réserve. Ses 2000 W et son guide de 40 cm passent des rondins de 30 cm sans forcer. Pour de l’abattage ou du bois dur en volume, une thermique de 45 cm³ ira plus vite, et sans dépendre d’une prise.
Quelle chaîne pour la Husqvarna 420EL ?
Un pas de 3/8″ mini, une jauge de 1,3 mm et 56 entraîneurs pour le guide de 40 cm d’origine. La référence montée en usine est la H37. Les chaînes en .325″ des thermiques de 45 cm³ ne passent pas sur son pignon.
Faut-il un casque antibruit avec la 420EL ?
À 90,8 dB(A), la protection auditive reste conseillée sur une séance longue, même si la machine passe pour discrète. Le pantalon anti-coupure et les gants, eux, ne se discutent pas : une chaîne électrique tranche exactement comme une chaîne thermique.
Que se passe-t-il si la chaîne coupe le câble ?
C’est l’accident classique de la filaire. Sectionner le cordon déclenche au mieux le disjoncteur, au pire un choc électrique. Gardez toujours le câble derrière vous, du côté opposé au guide, et branchez-vous sur une prise protégée par un différentiel 30 mA.
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Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.