Chacun croit que la dernière version d’une machine est la meilleure. La Husqvarna 545, première du nom, dément l’évidence sur deux lignes de sa fiche technique. Retirée du catalogue mais bien présente en occasion, elle mérite un examen honnête. L’avis pointe ce qu’elle fait mieux que la Mark II qui l’a remplacée.
- 4,9 kg, plus légère que la Mark II
- Vibrations plus basses que la Mark II
- 2,5 kW, une vraie pro de 50
- Chaîne H30, disponible partout
- Une cote d’occasion très raisonnable
- Retirée du catalogue neuf
- 0,2 kW de moins que la Mark II
- 106 dB(A), rien de discret
Husqvarna 545 ou 545 Mark II : la génération suivante n’a pas tout amélioré
Voilà le point que personne ne relève, et il retourne la logique habituelle de l’achat. Sur trois lignes de la fiche constructeur, la première génération devance sa remplaçante. Les chiffres parlent seuls.
- Quatre cents grammes d’écart : 4,9 kg contre 5,3 kg, en faveur de la 545 d’origine.
- Les vibrations : 3,8 et 3,7 m/s² ici, contre 4,6 et 4,0 sur la Mark II.
- Deux cents watts en moins : 2,5 kW contre 2,7 kW, seul vrai avantage de la Mark II.
Traduit en journée de travail, l’arbitrage devient limpide. Ces 200 watts de plus ne se réveillent qu’en limite d’exercice, sur du feuillu sec de grosse section. Les 400 grammes et les vibrations, eux, se rappellent à vous en permanence, à chaque geste bras levés.
La conclusion prend le contre-pied de l’intuition. Pour un pro qui ébranche autant qu’il abat, la 545 d’origine reste le meilleur choix, si l’occasion est saine. Ceux qui veulent la puissance brute et le neuf regarderont plutôt la 545 Mark II.

2,5 kW pour 4,9 kg : le rapport qui fait la 545
50,1 cm³ et 2,5 kW, soit 3,4 chevaux, dans un corps de 4,9 kg. Aucune 50 cm³ grand public n’approche ce rapport, calées vers 2,4 kW pour plus lourd. Un régime qui ne fléchit pas dans le bois dur trahit la différence.
Sur le terrain, elle avale des troncs de 40 cm avec le guide de 45 cm d’origine, sans manoeuvre ni retournement. Le pas .325″ garde une coupe douce, sans à-coups, ce qui la rend prévisible même dans les positions bancales.
Son terrain naturel, c’est l’entretien forestier : abattage de sujets moyens, débit, et beaucoup d’ébranchage. Le gros bois n’est pas son affaire, et une 60 ou 70 cm³ reprend nettement la main dès que les grumes grossissent.
Le montage du guide change sa personnalité du tout au tout. En 38 cm, elle se mue en machine d’ébranchage d’une vivacité folle. En 50 cm, elle gagne en portée mais ses 2,5 kW finissent par s’essouffler dans le feuillu sec. Le 45 cm d’origine reste le bon arbitrage.

Acheter cette tronçonneuse d’occasion : les points à contrôler
Le modèle ayant quitté le catalogue neuf, l’essentiel des transactions se fait de particulier à particulier. Une machine de métier a rarement été ménagée, et quelques vérifications évitent la mauvaise surprise.
- Le lanceur qui résiste franchement, signe d’un cylindre encore sain.
- Le pignon d’entraînement, creusé en cuvette sur une machine très sollicitée.
- Les silentblocs, ce sont eux qui garantissent les 3,8 m/s² annoncés.
Un dernier réflexe : la démarrer à froid devant le vendeur. Un moteur qui part au troisième coup, tient son ralenti et reprend franc dit tout ce qu’il faut savoir. Un ralenti qui dérive trahit un moteur fatigué, quelle que soit la belle allure du carter.
Les pièces d’usure, elles, ne posent aucun souci. La 545 partage sa chaîne H30 et son pas .325″ avec une bonne partie du catalogue, et tout motoculteur en garde en stock. Un modèle retiré du catalogue n’est pas un modèle abandonné.
Un dernier argument joue pour l’occasion sur ce modèle. Une machine de métier bien entretenue traverse facilement une décennie, et elle rend encore des services quand une machine de jardin serait morte. Elle a été conçue pour encaisser des milliers d’heures.

Ce que la 545 demande à son utilisateur
Le bruit ne fait aucun cadeau, à 106 dB(A) à l’oreille. Casque à coquilles obligatoire, sans exception, et pantalon anti-coupure de classe adaptée. Son rebond va plus vite que le meilleur réflexe, et le frein de chaîne n’arrête que ce qu’il voit venir.
Les vibrations, à l’inverse, comptent parmi les plus basses de la catégorie, à 3,8 et 3,7 m/s². Aucune des deux poignées ne concentre l’effort, ce qui écarte la fatigue asymétrique. Une journée entière d’ébranchage reste tenable, et c’est là que cette machine brille.
L’entretien suit les règles des thermiques Husqvarna : mélange deux-temps au 1:50, essence fraîche, filtre contrôlé souvent. Une essence qui a dormi tout l’hiver cause plus de refus de démarrage que n’importe quelle avarie, un point développé dans notre article sur l’essence à utiliser.
Le détail des spécifications de la Husqvarna 545
| Cylindrée | 50,1 cm³ |
| Puissance | 2,5 kW (3,4 ch) |
| Poids à sec | 4,9 kg (sans guide ni chaîne) |
| Guide d’origine | 45 cm (33 à 50 cm admis) |
| Pas de chaîne | .325″ |
| Jauge | 1,3 mm |
| Chaîne d’origine | H30, .325″, 72 entraîneurs en 45 cm |
| Pression sonore | 106 dB(A) |
| Vibrations | 3,8 m/s² (avant) et 3,7 m/s² (arrière) |
| Émissions CO2 | 824 g/kWh (norme EU V) |
| Moteur | X-Torq à balayage stratifié |
| Statut | Retirée du catalogue neuf, remplacée par la Mark II |
La 545 parmi les autres tronçonneuses de 50 cm³
Quatre machines se disputent la cylindrée reine des 50 cm³, du grand public à la XP nerveuse. Le tableau situe la 545 dans cette hiérarchie serrée.
| Modèle | Cylindrée | Puissance | Poids à sec | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Husqvarna 545 | 50,1 cm³ | 2,5 kW | 4,9 kg | vous trouvez une occasion saine et privilégiez la légèreté |
| Husqvarna 545 Mark II | 50,1 cm³ | 2,7 kW | 5,3 kg | vous voulez du neuf avec garantie et un peu plus de couple |
| Husqvarna 550 XP Mark II | 50,1 cm³ | 3 kW | 5,3 kg | vous cherchez la 50 cm³ la plus nerveuse du marché |
| Husqvarna 450 | 50,2 cm³ | 2,4 kW | 5,1 kg | vous n’êtes pas professionnel et faites votre bois |
Le tableau réserve une surprise de taille. La 545 est la plus légère des quatre, tout en sortant plus de puissance que la 450 grand public. Pour un usage qui mêle abattage moyen et ébranchage prolongé, ce compromis reste dur à battre, même dix ans après sa sortie.
Qui a encore intérêt à chercher cette tronçonneuse ?
Le professionnel de l’entretien forestier qui n’a rien contre l’occasion. Pour lui, cette machine offre une vraie qualité de fabrication, une légèreté rare et des vibrations basses, sans repartir sur du neuf. Le travail rendu pour ce qu’elle demande devient imbattable.
L’entreprise qui cherche une seconde machine, un outil de secours ou une monture à confier à un saisonnier y trouve aussi son compte. Notre classement des tronçonneuses professionnelles détaille les alternatives dispo en neuf.
Celui qui veut du neuf, une garantie et un réseau, lui, n’a pas le choix : le catalogue ne propose plus que la Mark II. Le reste de la gamme Husqvarna couvre tous les autres besoins, du jardin à l’abattage lourd.
Husqvarna 545, les réponses aux questions d’acheteurs
Quelle différence entre la 545 et la 545 Mark II ?
La Mark II gagne 0,2 kW, mais prend 400 grammes et vibre davantage : 4,6 m/s² à l’avant contre 3,8 sur la première génération. Même cylindrée de 50,1 cm³, même pas de chaîne. L’évolution n’est donc pas favorable sur tous les tableaux.
La Husqvarna 545 est-elle encore vendue neuve ?
Non, elle a quitté le catalogue et sa page officielle se limite aux manuels et aux pièces. La Mark II l’a remplacée. Le marché de l’occasion reste actif, et les pièces d’usure demeurent largement disponibles.
Est-ce une vraie tronçonneuse professionnelle ?
Oui, Husqvarna la classait dans sa gamme pro, aux côtés des 550 XP. Sa conception vise l’usage quotidien : filtration renforcée, carter robuste, puissance spécifique supérieure aux machines grand public de même cylindrée.
Quelle chaîne monter sur une 545 ?
Une chaîne au pas .325″, référence H30 d’origine. Comptez les entraîneurs sur la chaîne usée, leur nombre variant avec le guide, de 33 à 50 cm. Les chaînes en 3/8″ des grosses forestières ne passent pas.
Combien vaut une 545 d’occasion ?
La cote dépend surtout des heures de travail et de l’état du cylindre, pas de l’aspect extérieur. Une machine dont la compression est bonne et le pignon peu creusé reste un bon choix, même avec un carter marqué par les chantiers.
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Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.