Elle a hérité d’une sacrée succession, celle de la 236, la petite thermique passée entre les mains de tous les jardiniers de France. La Husqvarna 120 Mark II reprend le flambeau avec 38 cm³. L’avis détaille ce que cette génération a corrigé, et pourquoi elle reste la moins convaincante du trio.
- Le ticket d’entrée de la marque
- Carburateur revu, ralenti plus stable
- Air Injection malgré le positionnement
- Pièces disponibles dans toute la France
- Digne héritière de la vénérable 236
- 1,4 kW, la moins puissante des trois
- 5 kg, et pourtant la plus lourde
- Chaîne d’origine qui s’use vite
1,4 kW, la plus modeste des 38 cm³ suédoises
38 cm³ pour 1,4 kW, soit 1,9 cheval. Sur du bois vert et des branches de 15 à 20 cm, elle fait le boulot sans rechigner. La coupe sort régulière et prévisible, de quoi rassurer un utilisateur du dimanche.
Le plafond arrive tôt, dès 25 cm sur du feuillu sec. Le régime tombe, la coupe s’éternise, s’entêter ne mène nulle part. Or la 130 sort 1,5 kW et la 135 Mark II 1,6 : ces dixièmes de kilowatt se sentent pile dans les sections limites.
La vitesse de chaîne, elle, reste calée sur celle de ses soeurs, à 16,8 m/s. Le pas 3/8″ mini fait le reste : de petites dents rapprochées qui filent dans le bois tendre. Ce n’est pas la vivacité qui lui manque, c’est la réserve.

La Husqvarna 120 Mark II remplace la 236 : ce qui a vraiment changé
La 236 a garni des milliers de garages français, avec un défaut connu de tous : un carburateur capricieux, un ralenti instable, des calages en série. Husqvarna a revu la copie en 2019, et c’est exactement ce point qui a été repris.
La nouvelle carburation change le quotidien. Le démarrage part plus franc, le ralenti tient entre deux coupes, la machine cale bien moins en reprise de gaz. Ce sont les vieux griefs qui s’évaporent, pas la puissance qui grimpe.
Le reste suit la partition de l’entrée de gamme : moteur X-Torq à balayage stratifié, amortisseurs LowVib, filtration Air Injection. Cette dernière détonne à ce niveau, et reste son meilleur argument face aux thermiques anonymes.
Cinq kilos, le poids qui pénalise cette tronçonneuse
La fiche annonce 5 kg sans guide ni chaîne, et ce chiffre n’a rien d’un compliment. C’est la plus lourde des trois 38 cm³, alors qu’elle est la moins puissante. Une 130 pèse 4,7 kg, une 135 Mark II 4,68 kg.
Équipée et pleine, elle franchit sans peine les six kilos. Sur un chevalet, personne ne râle. Levée à hauteur de poitrine pour dégager une branche, ces trois cents grammes de trop tirent sur le poignet au bout d’une demi-heure.
Les vibrations enfoncent le clou, à 4,4 m/s² à l’avant et 5,9 à l’arrière. Ce sont les pires du trio à la poignée arrière, celle qui tient la gâchette. Le LowVib limite les dégâts sans faire de miracle sur un petit moteur qui tourne haut.

Usure de chaîne et huile : ce que signalent les utilisateurs
Les recherches sur les défauts de cette machine sont nombreuses, et les balayer serait facile. En croisant les retours, deux reproches ressortent plus que les autres, et aucun ne relève de la panne grave.
Le premier vise la chaîne d’origine, dont plusieurs propriétaires décrivent une usure rapide, guide compris. La parade est simple : monter une chaîne de meilleure facture dès le premier remplacement change nettement la donne.
Le second porte sur une consommation d’huile de chaîne jugée gourmande. Le graissage fonctionne, mais le réservoir se vide vite. Surveillez le niveau à chaque plein de carburant, car un guide qui tourne à sec s’abîme en quelques minutes.
Ces défauts restent mineurs et se maîtrisent avec un peu de méthode. Trois réflexes suffisent à les neutraliser.
- Le niveau d’huile à chaque plein de carburant, sans exception.
- Une meilleure chaîne dès le premier remplacement, la H37 d’origine s’use vite.
- Un affûtage toutes les deux séances, une chaîne molle fait forcer un petit moteur.
La mécanique, elle, ne fait pas parler d’elle. C’est l’essentiel sur une machine de ce rang, et ça confirme que le vrai travail a porté sur le carburateur.
La chaîne de cette tronçonneuse et le piège du guide long
La fiche autorise des guides de 35 à 45 cm. Cette latitude est théorique, disons-le franchement. Avec 1,4 kW sous le capot, un guide de 45 cm noie la machine : coupe molle, chaîne qui chauffe, moteur qui peine.
- Un pas 3/8″ mini imposé par le pignon, jamais le .325 des cylindrées au-dessus.
- La chaîne H37 montée en usine, à remplacer par mieux une fois usée.
- Le guide de 35 cm d’origine, seul montage vraiment cohérent avec la puissance.
Le nombre d’entraîneurs suit la longueur du guide, et lui seul. Relevez-le sur votre chaîne usée avant de commander, c’est le repère qui ne ment pas. Notre guide pour régler la tension d’une chaîne donne la valeur à respecter, mesurée à froid.

Les chiffres de la Husqvarna 120 Mark II, sans habillage
| Cylindrée | 38 cm³ |
| Puissance | 1,4 kW (1,9 ch) |
| Poids à sec | 5 kg (sans guide ni chaîne) |
| Guide d’origine | 35 cm (35 à 45 cm admis) |
| Pas de chaîne | 3/8″ mini |
| Jauge | 1,3 mm |
| Chaîne d’origine | H37, 3/8″ mini, 52 entraîneurs en 35 cm |
| Vitesse de chaîne | 16,8 m/s à puissance maxi |
| Pression sonore | 100,7 dB(A) |
| Puissance acoustique garantie | 113 dB(A) |
| Vibrations | 4,4 m/s² (avant) et 5,9 m/s² (arrière) |
| Moteur | X-Torq à balayage stratifié |
| Équipement | Air Injection, LowVib, frein de chaîne à inertie, graissage automatique |
La 120 Mark II face à la 130, la 135 Mark II et la Stihl MS 172
Le tableau est cruel pour la 120 Mark II, et c’est justement pour ça qu’il faut le regarder avant d’acheter. Trois machines se partagent son bloc moteur, et chacune fait mieux sur au moins un critère.
| Modèle | Cylindrée | Puissance | Poids à sec | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Husqvarna 120 Mark II | 38 cm³ | 1,4 kW | 5 kg | son prix est nettement inférieur à celui des deux autres |
| Husqvarna 130 | 38 cm³ | 1,5 kW | 4,7 kg | vous voulez plus de couple et 300 grammes de moins |
| Husqvarna 135 Mark II | 38 cm³ | 1,6 kW | 4,68 kg | vous voulez le meilleur moteur du trio et le lanceur assisté |
| Stihl MS 172 | 31,8 cm³ | 1,4 kW | 4,5 kg | vous préférez le réseau Stihl et la machine la plus légère |
La conclusion tombe d’elle-même. À puissance égale, la Stihl MS 172 pèse un demi-kilo de moins. À poids voisin, la 130 et la 135 Mark II coupent mieux. La 120 Mark II ne garde l’avantage que sur une bonne occasion.
Cette tronçonneuse a-t-elle sa place chez un professionnel ?
Non, et personne chez Husqvarna ne le sous-entend. Cette machine loge dans le grand public, taillée pour l’occasionnel : quelques branches, un fruitier, deux stères de bois tendre. Une semaine de chantier en aurait raison.
Elle trouve en revanche toute sa place chez qui sort la tronçonneuse trois fois par an et n’en demande pas plus. Les autres machines de ce format sont sur notre page des petites tronçonneuses.
Un dernier conseil de bon sens : regardez toujours la 130 avant de conclure. Dans la gamme Husqvarna, un tout petit écart suffit souvent à basculer vers une machine plus légère et plus vive.
Husqvarna 120 Mark II : les questions qui précèdent l’achat
Quel est le poids de la Husqvarna 120 Mark II ?
5 kg sans guide ni chaîne, selon la fiche. C’est la plus lourde des trois 38 cm³ de la marque, devant la 130 à 4,7 kg et la 135 Mark II à 4,68 kg. Équipée et pleine, comptez plus de six kilos dans les mains.
Quels problèmes rencontre-t-on sur la 120 Mark II ?
Les retours pointent surtout une chaîne d’origine qui s’use vite et une consommation d’huile de chaîne gourmande. Rien de mécaniquement grave. Le carburateur, défaut historique de la 236 qu’elle remplace, a justement été revu sur cette génération.
La 120 Mark II est-elle une tronçonneuse professionnelle ?
Non. Elle occupe l’entrée de gamme grand public de Husqvarna, pour un usage occasionnel de jardin. Les machines de métier commencent bien plus haut en cylindrée, avec un carter magnésium et une puissance au moins doublée.
Peut-on monter un guide de 45 cm ?
La fiche l’autorise, mais c’est une mauvaise idée. Ses 1,4 kW ne suivent pas sur cette longueur : la coupe traîne et le moteur force. Le guide de 35 cm d’origine reste le seul montage vraiment cohérent.
Vaut-elle mieux que la 130 ?
Seulement si vous tombez sur une nette bonne occasion. La 130 sort 0,1 kW de plus tout en pesant 300 grammes de moins, à équipement identique. À conditions proches, elle la surclasse sur les deux critères qui comptent.
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Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.