Trois kilos sept, une chaîne à 4,2 m/s et un réservoir d’huile minuscule. La G40CS30 est la première mouture d’une machine que le fabricant a depuis entièrement revue, corrigée et accélérée. L’avis compare les deux générations point par point, du bidon d’huile à la vitesse de chaîne : faut-il encore acheter l’ancienne ?
- Graissage automatique de la chaîne
- Frein de chaîne intégré au protège-main
- Trois ans de garantie constructeur
- Plateforme 40 V très étendue
- Guide de 30 cm, format passe-partout
- 3,7 kg, un kilo de trop
- Réservoir d’huile ridiculement petit
- Guide et chaîne génériques d’origine
4,2 m/s : ce que la Greenworks G40CS30 sait vraiment couper
Le chiffre est identique à celui de sa remplaçante, et pour cause : le moteur n’a pas bougé d’un cran. La chaîne défile à 4,2 m/s, bon dernier du rayon, dépassée jusque par de simples machines de 20 volts.
Sur le terrain, elle tronçonne des branches et débite du bois tendre sans rechigner. Un rondin de vingt centimètres réclame de la patience, beaucoup de patience. La chaîne grignote plus qu’elle ne mord, et ce tempo s’accepte dès l’achat.
Ce n’est pas une faute en soi. Une chaîne lente arrache moins de matière, sollicite moins la batterie et pardonne un affûtage moyen. Le problème, c’est que la marque propose ailleurs des machines cinq fois plus vives, sur la même batterie.
Le guide de 30 cm confirme d’ailleurs le cahier des charges. Trente centimètres de fer, dont une partie noyée dans le carter, autorisent des sections d’une vingtaine de centimètres au maximum. La machine annonce elle-même son terrain, il suffit de la lire.

Un kilo de trop, la G40CS30 face à sa remplaçante
Voilà le point que personne ne signale, et il pèse lourd dans la décision. Cette première génération affiche 3,7 kg sans batterie. Celle qui la remplace descend à 2,6 kg. Plus d’un kilo d’écart, sur une machine tenue à bout de bras.
- Un kilo cent de moins sur la balance, batterie non comprise.
- Du matériel de coupe signé Oregon, quand cette version se contente d’un générique.
- Un réservoir d’huile quatre fois plus grand, et translucide de surcroît.
Trois corrections, trois défauts réels de cette G40CS30. Le fabricant n’a pas revu son moteur, mais il a repris tout ce qui entoure la coupe. La version II n’est pas un habillage marketing, elle répare de vrais problèmes.
Notre fiche de la Greenworks G40CS30II détaille ces changements un par un. La version II se plaçant tout près de l’ancienne dans la gamme, l’arbitrage ne demande pas une longue réflexion.

Le réservoir d’huile de la G40CS30, son pire défaut
C’est le reproche le plus fréquent, et le plus fondé. Le bidon d’huile de chaîne se vide en quelques minutes de travail, obligeant à un appoint constant. Beaucoup d’utilisateurs l’oublient tout simplement, et la chaîne le paie.
Privée d’huile, la chaîne monte en température, se dilate et ronge le guide. Le fer prend du jeu, les gouges perdent leur fil, et l’outil de coupe voit sa vie amputée de moitié. Le graissage n’a rien d’un luxe de confort, c’est la survie de tout l’attelage.
Le symptôme se repère aisément, encore faut-il le connaître. Une chaîne bien huilée dépose un film net sur le bois quand elle tourne à vide au-dessus d’une souche. Pas de film, pas de protection, et le compte à rebours du guide s’enclenche.
La parade est simple mais contraignante : contrôler le niveau toutes les dix minutes de coupe effective. Sur la version II, un réservoir quatre fois plus grand et translucide supprime la corvée. Sur celle-ci, il faut y penser à chaque pause.
Une huile de chaîne adaptée aide aussi beaucoup. Les formules dites adhérentes restent accrochées au fer au lieu d’être projetées, ce qui fait durer le contenu du réservoir. La bonne huile compense en partie le petit bidon, sans jamais le remplacer.

Vendue nue : la G40CS30 n’a ni batterie ni chargeur
Comme toutes les machines de la marque, celle-ci part seule dans son carton. La mention figure en fin de titre, à l’endroit précis où le regard décroche. Il faut ajouter l’accumulateur et son chargeur pour espérer couper quoi que ce soit.
Le système se défend pour qui roule déjà en 40 volts maison. Un seul accu nourrit tondeuse, souffleur, taille-haie et cette tronçonneuse. Tout se joue sur le parc entier, jamais sur une machine isolée.
Un accu de forte capacité change aussi le confort de travail. Une 4 ampères-heures double le temps de coupe face à une 2 Ah, moyennant quelques centaines de grammes de plus. Sur une machine déjà lourde, l’arbitrage se pose vraiment.
Celui qui débute avec cette marque devra encore mettre la main sur une batterie et un chargeur avant de couper. C’est souvent ce qui fait pencher l’arbitrage vers les kits complets, prêts à l’emploi, d’autres fabricants.
Guide, chaîne et entretien de cette tronçonneuse G40CS30
Le fer de 30 cm et sa chaîne sont d’origine générique, ce que la version II a justement corrigé en passant chez Oregon. Trois contrôles restent indispensables avant chaque séance.
- Le bidon d’huile de chaîne, à surveiller bien plus souvent qu’on ne l’imagine.
- Le serrage de la chaîne, toujours à reprendre une fois le fer chaud.
- L’affûtage des gouges, qui commande la coupe et l’autonomie à parts égales.
Le fabricant ne documente ni la jauge ni le compte des entraîneurs, laissant le relevé sur les épaules du propriétaire. Le montage d’origine sert d’unique modèle, avec un mètre et un brin de patience.
Sans bougie ni carburateur à choyer, la maintenance se limite au dispositif de coupe. Notre guide sur l’entretien complet d’une tronçonneuse passe ces contrôles en revue.
Sécurité de la G40CS30 : ce que le frein protège
Le protège-main intègre un frein qui stoppe la chaîne dès qu’on le pousse vers l’avant. Sur une machine lente, le rebond reste moins brutal que sur une thermique, mais il existe bel et bien et le réflexe doit être acquis.
Le vrai danger de ces outils tient à leur discrétion. Une machine qui ne fait pas de bruit et qui ne vibre pas donne l’illusion d’un jouet. Une chaîne coupe une jambe sans se soucier du moteur qui l’entraîne, et les protections restent les mêmes.
Ôtez l’accu avant de toucher au guide, sans jamais y déroger. C’est le réflexe que la routine escamote, et celui qui expédie le plus de mains aux urgences sur les machines sans fil.
Le pantalon anti-coupure, lui, ne se discute pas davantage. Sa réputation d’accessoire encombrant s’effondre le jour où une chaîne ripe sur un noeud. Les fibres s’enroulent dans le pignon et bloquent tout, en un éclair, avant que la peau soit touchée.
Toutes les données de la Greenworks G40CS30
| Alimentation | batterie 40 V Greenworks, non fournie |
| Vitesse de chaîne | 4,2 m/s |
| Guide | 30 cm (12 pouces) |
| Chaîne | générique, jauge et entraîneurs à relever sur la machine |
| Poids | 3,7 kg sans batterie |
| Graissage | automatique, réservoir de faible capacité |
| Sécurité | frein de chaîne au protège-main |
| Garantie | trois ans |
| Statut | remplacée par la G40CS30II |
Cette tronçonneuse G40CS30 face aux compactes de son époque
Le tableau ci-dessous confronte les vitesses de chaîne, et il n’épargne pas cette Greenworks. Deux machines de 20 volts, moitié moins tendues en théorie, la dépassent largement.
| Modèle | Tension | Vitesse de chaîne | Poids | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Greenworks G40CS30 | 40 V | 4,2 m/s | 3,7 kg | vous la croisez en fin de série et avez déjà les batteries |
| Greenworks G40CS30II | 40 V | 4,2 m/s | 2,6 kg | vous voulez la même en plus légère et mieux équipée |
| Alpina ACS 20 Li | 20 V | 14,5 m/s | 3,08 kg | vous voulez un kit complet, batterie comprise |
| Parkside PKSA 20-Li C3 | 20 V | 6,5 m/s | selon version | vous êtes déjà équipé en X 20V Team |
Le constat est sévère. Cette 40 volts se fait doubler par des machines deux fois moins tendues, dont une débarque avec sa batterie. Les volts ne décident jamais de la coupe. Notre comparatif des meilleures tronçonneuses à batterie aligne toutes les concurrentes.
Faut-il encore acheter la G40CS30 aujourd’hui
Une seule situation la sauve : une fin de série vraiment agressive, chez quelqu’un qui aligne déjà plusieurs batteries de la gamme. La machine coupe, elle est garantie trois ans, et elle fera le travail de taille sans faillir.
Au catalogue, en revanche, la question ne se pose plus. La version II corrige le poids, le graissage et la qualité du dispositif de coupe en restant tout près dans la gamme. Choisir l’ancienne n’a plus aucun sens, et la fiche technique le prouve ligne par ligne.
Celui qui cherche une vraie machine de coupe sur cette plateforme regardera plutôt vers la Greenworks GD40CS18, dont la chaîne file cinq fois plus vite avec un guide de 40 cm.
Une remarque vaut pour toute cette gamme, et elle vous épargnera bien des déconvenues. Chez ce fabricant, deux machines de même voltage n’ont parfois rien de commun sous le carter. Regardez la vitesse de chaîne avant tout, le reste des arguments habille surtout le carton.
Ce que les acheteurs demandent sur la G40CS30
Qu’apporte concrètement la seconde génération ?
Un kilo cent de moins sur la balance, un guide et une chaîne Oregon au lieu du générique, et un réservoir d’huile quatre fois plus grand. Le moteur, lui, est resté strictement identique.
Pourquoi son huile part-elle si vite ?
Parce que le réservoir est de très faible capacité, un défaut que la marque a reconnu en le multipliant par quatre sur la génération suivante. Contrôlez le niveau à chaque pause, sous peine d’user la chaîne prématurément.
La batterie de la G40CS30 est-elle dans le carton ?
Non, ni l’une ni l’autre. La machine se vend seule, comme toute la gamme du fabricant, et il faut encore se procurer un accumulateur et un chargeur en plus de l’outil.
La G40CS30 peut-elle débiter des bûches ?
Des sections de quinze à vingt centimètres, en y consacrant du temps. Sa vitesse de chaîne la destine clairement à la taille et à l’ébranchage, pas au volume de bois de chauffage.
Quarante volts, est-ce beaucoup ?
Non. Le voltage n’indique que la tension de l’accumulateur, rien d’autre. Des machines de 20 volts la débordent largement sur la vitesse de chaîne, le seul repère qui traduise vraiment son mordant dans le bois.
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Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.