Un bouton à la place du lanceur, un carter en magnésium, 2,3 kW sous le capot : sur la brochure, la Parkside PPBKS 56 B2 corrige sa devancière là où ça compte. Reste à savoir ce qui relève du vrai progrès et ce qui tient de l’habillage. Le tri entre concret et marketing, c’est justement le travail de cet avis.

- Carter de vilebrequin en magnésium
- 2,3 kW, la plus musclée de la gamme
- Chargeur rapide, une heure de charge
- Chaîne à 22 m/s, franchement mordante
- Lanceur conservé en secours
- Sept kilos et demi sur la balance
- Tension de chaîne encore à l’outil
- Guide annoncé 52 cm, coupe 44
56 cm³ et 2,3 kW, la Parkside PPBKS 56 B2 passe la vitesse supérieure
Deux virgule trois kilowatts, 3,1 chevaux pour 56 cm³. L’écart avec les 2,2 kW de la version précédente paraît minime, mais il fait basculer la machine au-dessus d’une Stihl MS 251 en puissance brute, ce qu’aucune Parkside n’avait signé jusqu’ici.
La chaîne file à 22 m/s, une vitesse de thermique adulte. Mariée au pas .325, elle entre dans le bois sans à-coup et ne fait pas hurler le moteur. Dans une bille de chêne de 40 cm, la descente est franche, une fois le fil repris.
L’équipement suit : anti-vibrations sur les poignées, frein de recul, graissage automatique. Rien de révolutionnaire, mais l’ensemble se tient et correspond à ce qu’une machine de cette cylindrée doit offrir pour du bois de chauffage sérieux.

Un carter en magnésium, le vrai luxe de cette tronçonneuse
Voilà le détail que le rayon ne met jamais en avant, et c’est le plus révélateur. Le carter de vilebrequin est coulé en magnésium, un métal d’ordinaire réservé aux machines de métier, chez Stihl comme chez Husqvarna. Sur une tronçonneuse de grande surface, la surprise est réelle.
Le magnésium remplit deux missions. Il allège la structure, pas un luxe sur une machine aussi corpulente. Et il évacue mieux la chaleur que l’aluminium, ce qui protège le vilebrequin et les roulements pendant les longues séances de débit.
Ça n’en fait pas une machine pro pour autant, l’embrayage et le filtre à air restent grand public. Mais ce choix de matière raconte les intentions de Grizzly Tools, le fabricant allemand derrière la marque, et ce que cette machine peut encaisser.
PPBKS 56 B2 ou 56 A1 : ce que la nouvelle change vraiment
La question est légitime, les deux cohabitent encore en rayon et en occasion. Contrairement à ce que les emballages suggèrent, ce n’est pas la capacité de coupe qui les sépare : même chaîne, même diamètre de bois avalé.
- Le moteur gagne un dixième de kilowatt, soit 2,3 contre 2,2 kW.
- Le carter passe au magnésium, et la machine perd un peu de poids.
- Le chargeur devient rapide, une heure au lieu d’une attente interminable.
Rien de spectaculaire pris un par un, mais l’addition penche clairement du bon côté. À tarif égal, la B2 s’impose sans hésiter. La Parkside PPBKS 56 A1 ne se défend plus que remisée.
Un guide de 52 cm qui ne coupe que 44 cm
L’emballage annonce 52 centimètres, la coupe réelle tourne autour de 44. La différence, invisible, dort dans le talon prisonnier du carter. C’est bien 44 cm qui décident de ce que vous traverserez, et cette valeur reste très confortable.
Concrètement, un tronc de 40 cm passe d’une attaque, sans retourner la bille ni jouer de la griffe. Pour du bois de chauffage, largement de quoi faire. Au-delà, la coupe en deux passes s’impose, comme sur n’importe quelle machine de cette cylindrée.
La conséquence tombe au moment de racheter une chaîne. Pas de chaîne de 52 cm en magasin, les catalogues parlent pouces et maillons. Cherchez une .325, jauge 1,5 mm, 72 entraîneurs : exactement celle des autres thermiques Parkside.

Le bouton et le chargeur rapide, ce que gagne cette tronçonneuse
Le principe ne change pas : batterie 20 V, un bouton, le moteur tourne. Aucun lanceur à tirer, aucune épaule à secouer. Seule thermique du rayon à le proposer, ça reste son argument massue.
Près d’une prise, la filaire PPEKS 2500 A1 offre, elle, 45 cm de coupe utile sans essence ni batterie.
La vraie nouveauté, c’est le chargeur : batterie pleine en une heure environ, coupure automatique à la fin. Sur la version d’avant, l’attente décourageait. Une heure, le temps d’un café et d’un affûtage, et la machine repart.
La batterie vient de la gamme X 20V Team, elle circule donc avec vos autres outils. Et le lanceur manuel reste monté, prêt à dépanner si la batterie dort encore sur le chargeur.
7,5 kg : une machine qui reste de chevalet
Le magnésium fait gagner quelques centaines de grammes, toujours ça de pris. Sept kilos et demi restent quand même un chiffre très élevé pour la cylindrée. Une Stihl de puissance voisine en pèse près de deux de moins, batterie de démarreur comprise.
Sur un chevalet, ce poids ne pose rien et pousse même la chaîne dans le bois. C’est en ébranchage qu’il punit : bras tendus, au-dessus de la ceinture, les avant-bras cèdent vite. Cette machine se pense au sol, pas en l’air.
Reste un vrai regret. La tension de chaîne se règle encore à l’outil, alors que les électriques de la marque sont passées à la molette depuis longtemps. Le geste est décrit dans notre guide pour tendre une chaîne de tronçonneuse.
Chaîne, mélange, entretien : ce que réclame la PPBKS 56 B2
Le carburant se prépare à 40 pour 1, soit 25 ml d’huile deux-temps par litre de sans-plomb. Le réflexe hérité des Stihl au 1 pour 50 ruine le haut moteur en quelques séances. Le bidon doseur fourni supprime le calcul, encore faut-il viser la bonne graduation.
Le reste de l’entretien tient en trois contrôles, à faire sans y penser.
- Le filtre à air, à souffler dès que la sciure devient fine.
- Le limiteur de profondeur, à reprendre tous les trois affûtages.
- La batterie du démarreur, à recharger avant le remisage d’hiver.
Le réservoir d’essence tient 0,55 litre, celui d’huile 0,26. Des valeurs classiques, bonnes pour une bonne heure de coupe effective. Notre guide d’entretien complet détaille le rituel de saison.

Le tableau complet de la PPBKS 56 B2
| Cylindrée | 56 cm³ |
| Puissance | 2,3 kW (3,1 ch) |
| Vitesse de chaîne | 22 m/s |
| Poids | 7,5 kg environ |
| Guide | 52 cm hors tout |
| Longueur de coupe | 44 cm environ |
| Pas de chaîne | .325″ |
| Jauge | 1,5 mm (0.058″) |
| Entraîneurs | 72 |
| Carter de vilebrequin | Magnésium |
| Réservoir carburant | 0,55 L |
| Réservoir huile | 0,26 L, graissage automatique |
| Mélange | 40 pour 1, soit 25 ml par litre |
| Démarrage | Électrique 20 V, lanceur en secours |
| Chargeur | Rapide, environ 60 minutes |
| Tension de chaîne | À l’outil |
Face à trois tronçonneuses thermiques, où se situe la PPBKS 56 B2 ?
La plus grosse cylindrée ne fait pas la meilleure machine, et le tableau le montre sans ménagement. Le poids reste le juge de paix, quelle que soit la puissance imprimée sur le carton.
| Modèle | Cylindrée | Puissance | Poids | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Parkside PPBKS 56 B2 | 56 cm³ | 2,3 kW | 7,5 kg | vous voulez le démarrage au bouton dans sa version aboutie |
| Parkside PPBKS 56 A1 | 56,5 cm³ | 2,2 kW | 7,76 kg | vous la trouvez remisée face à cette B2 |
| Parkside PBKS 53 C3 | 53 cm³ | 2,0 kW | 6,65 kg | le lanceur ne vous gêne pas et vous voulez plus léger |
| Stihl MS 251 | 45,6 cm³ | 2,2 kW | 5,71 kg | vous préférez deux kilos de moins et un vrai réseau |
La Stihl reste la référence sur la balance, près de deux kilos d’avance à puissance identique. La Parkside ne joue pas sur ce terrain et ne le prétend pas. Elle vend un bouton de démarrage, un argument que la concurrence ne propose tout simplement pas.
Le profil idéal se dessine net : débiter au sol, sur chevalet, plusieurs stères par an, et pour qui le geste du lanceur est devenu difficile. Toutes les autres thermiques du marché sont réunies sur notre page des meilleures tronçonneuses thermiques.
Les questions des acheteurs de la Parkside PPBKS 56 B2
La B2 coupe-t-elle plus profond que la A1 ?
Non, malgré un guide annoncé plus long. Les deux offrent une coupe équivalente, autour de 44 à 45 cm, et tournent avec la même chaîne. Les progrès de la B2 sont ailleurs : moteur, carter en magnésium et chargeur rapide.
À quoi sert le carter en magnésium ?
À deux choses. Il allège la machine, ce qui compte sur un modèle aussi lourd. Et il dissipe mieux la chaleur que l’aluminium, ce qui protège le vilebrequin sur les longues séances. Une solution habituellement réservée aux machines pro.
Quelle chaîne monter sur cette Parkside 56 cm³ ?
Une chaîne au pas .325 pouce, jauge 1,5 mm, à 72 maillons entraîneurs. C’est le format commun à toutes les thermiques de la marque, PBKS 53 C3 comprise. Les chaînes se prêtent donc d’une machine à l’autre sans la moindre adaptation.
Combien de temps pour recharger la batterie du démarreur ?
Environ une heure avec le chargeur rapide fourni, coupure automatique à la clé. C’est deux fois moins que sur la génération d’avant. La batterie ne sert qu’au démarrage, jamais à la coupe, donc une charge couvre de nombreuses séances.
Peut-on l’utiliser pour abattre des arbres ?
Un sujet de 40 cm passe sans difficulté, moteur et guide suivent. La limite, c’est le poids : abattre suppose de se déplacer, se baisser, tenir la machine dans des positions inconfortables, et sept kilos et demi se rappellent vite à vous.
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Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.