Une marque qui n’existe plus, une élagueuse toujours en rayon, et un doute légitime chez qui cherche une machine à batterie. La Dolmar AS1925Z se vend encore nue, à côté de Makita qui lui ressemblent beaucoup. Notre avis part de cette ressemblance, parce que c’est elle qui décide si l’achat est malin ou hasardeux.
- 2,0 kg nue, elle se manie d’un bras
- 24 m/s, une vitesse digne des grandes
- Batteries LXT 18 V trouvables partout
- Pièces et chaîne toujours suivies par Makita
- Débit d’huile réglable, réglage rare ici
- Livrée sans batterie ni chargeur
- Poignée haute réservée aux pros formés
- Aucune puissance de sortie publiée
Sous l’orange Dolmar, une Makita : ce que vous achetez vraiment
Commençons par ce que personne n’écrit noir sur blanc. Makita a racheté Dolmar en 1991, puis a rangé la marque au placard sans fermer l’usine de Hambourg. Les machines ont continué leur route sous une autre étiquette.
L’AS1925Z est le jumeau de la Makita DUC254Z. Même 18 volts, même vitesse de chaîne, même mode dopage, même protection XPT, mêmes poids annoncés. Le code-barres porte le préfixe fabricant de Makita, et certains revendeurs affichent carrément la référence bleue sur la page de la Dolmar.
Cette parenté fait tout le dossier de l’acheteur. Une marque arrêtée fait peur, à raison : le risque, c’est la machine orpheline de pièces. Ici, la chaîne, le guide, le pignon et la batterie sont des références Makita courantes, distribuées dans chaque atelier agréé.

24 m/s et 30 secondes de dopage, la mécanique de l’AS1925Z
Le chiffre à retenir n’est pas une puissance, c’est une vitesse. La chaîne file à 24 m/s, le rythme d’une élagueuse professionnelle en 36 volts. Le moteur brushless y parvient avec deux fois moins de tension, et c’est la vraie prouesse de cette machine.
Vitesse ne veut pas dire couple. Makita ne publie aucune puissance de sortie pour ce modèle, là où Stihl et Husqvarna annoncent leurs kilowatts. Ce silence en dit long : en 18 volts, la réserve de couple reste le point faible.
D’où le mode dopage. Une pression sur le bouton libère un surcroît de couple pendant trente secondes, le temps de venir à bout d’une branche qui pince. Le procédé se paie en jus de batterie, alors il se garde pour les coupes qui coincent. Passé une dizaine de centimètres de feuillu sec, il faut avancer au rythme du bois.
Quelle chaîne pour cette élagueuse, les trois chiffres à donner au vendeur
Voilà la question qui revient le plus souvent, et la réponse tient en trois nombres. Le guide de 25 cm reçoit une chaîne fine, taillée pour la coupe rapide du petit bois.
- Pas de 3/8″ LP, le profil bas des petites machines, à ne jamais confondre avec le 3/8″ des grosses cylindrées.
- Jauge de 1,1 mm, soit 0,043 pouce, l’épaisseur du maillon qui coulisse dans la rainure du guide.
- 40 entraîneurs exactement, pour la chaîne de type 90PX référencée 191H00-0 au catalogue Makita.
Avec ces trois données, n’importe quel revendeur sort la bonne chaîne du tiroir, y compris en marque tierce, et la lime qui va avec fait 4,5 mm. Le stock Dolmar n’entre jamais dans l’équation, la pièce étant cataloguée chez Makita.
Le graissage suit la même logique pratique. Le réservoir de 140 ml alimente une pompe dont le débit se règle par une simple molette. Un cran de plus dans le bois dur, un cran de moins en taille légère.
Une machine nue, et une batterie qui coûte moins cher qu’ailleurs
La lettre Z, à la fin du nom, veut dire machine seule. Ni batterie ni chargeur dans le carton, premier motif de déception à la livraison. Autant le savoir avant de commander.
La contrepartie est réelle. Cette élagueuse avale les batteries LXT 18 volts, de 2 à 6 Ah, c’est-à-dire le parc le plus répandu de l’outillage électroportatif. Perceuse, meuleuse, souffleur : si un outil bleu traîne dans l’atelier, l’accu est déjà payé.
La capacité mérite réflexion. Une 2 Ah allège la machine mais se vide vite, surtout si le dopage sert souvent. La 5 Ah couvre une matinée d’élagage, au prix de quelques centaines de grammes en bout de bras. Comptez 2,8 à 3,2 kg prêt à couper.

Poignée haute : l’AS1925Z n’est pas une tronçonneuse pour tout le monde
La poignée passe au-dessus du moteur, et ce détail de dessin a une portée juridique. Makita l’écrit sans détour : cette machine est réservée aux professionnels ayant suivi une formation spécifique. Ce n’est pas une précaution d’avocat, c’est la règle des outils tenus à une main.
La raison est physique. Une main libre, un bras tendu, et le rebond ne trouve plus rien pour l’arrêter. Le frein mécanique se double d’une coupure électrique du moteur, ce qui aide, mais aucune électronique ne rattrape un guide lancé vers le visage.
Le reste de l’équipement raconte le même métier. L’anneau métallique reçoit la longe, l’écrou captif évite de semer une pièce à huit mètres du sol, le démarrage progressif interdit l’à-coup qui déséquilibre. Tout ici vise le travail suspendu. Et les 93 dB(A) imposent le casque, batterie ou pas.
Dolmar AS1925Z ou Makita DUC254Z, laquelle commander
La question serait absurde si les deux machines différaient. Elles ne diffèrent pas. Le choix se joue donc sur trois broutilles : la couleur, l’étiquette et la disponibilité en rayon.
La logique penche du côté de la Makita DUC254Z, toujours au catalogue, donc plus simple à commander et à faire garantir. La Dolmar vit sur des fins de série. Elle ne se justifie que si elle est nettement moins chère que sa jumelle bleue. Trois vérifications s’imposent alors.
- Comparer avec la référence bleue le jour même, car un stock ancien n’est pas toujours bradé.
- Acheter chez un revendeur agréé Makita, celui qui prendra la machine en réparation sans discuter la marque.
- Vérifier que le carton est scellé, un invendu de longue date passant souvent de main en main.
Ce que l’AS1925Z gagne et perd face aux tronçonneuses de Stihl et Husqvarna
Les trois références du métier jouent toutes en 36 volts. La Dolmar est la seule 18 volts du lot. Elle tient la comparaison sur la vitesse de chaîne, mais la perd sur la réserve de couple.
| Modèle | Tension | Poids nue | Vitesse ou puissance | Le bon choix si |
|---|---|---|---|---|
| Dolmar AS1925Z | 18 V | 2,0 kg | 24 m/s | vous avez déjà des batteries 18 V et cherchez la plus légère |
| Stihl MSA 160 T | 36 V | 2,3 kg | 1,25 kW | vous voulez le réseau d’ateliers Stihl et une chaîne 1/4″ |
| Stihl MSA 220 T | 36 V | 2,7 kg | 1,70 kW | vous coupez du gros et voulez du couple, pas de la finesse |
| Husqvarna T540i XP | 36 V | 2,5 kg | 24 m/s | vous travaillez sous la pluie et voulez l’étanchéité IPX4 |
Le tableau est plus subtil qu’il n’y paraît. La Dolmar est la plus légère des quatre, de 300 à 700 grammes, un écart qui se sent après trois heures de grimpe. En échange, la MSA 220 T et la T540i XP encaissent sans broncher des sections où l’AS1925Z réclame son dopage.
L’AS1925Z en chiffres : les données constructeur, sans arrondi maison
| Tension | 18 V, plateforme LXT |
| Moteur | Brushless (BL Motor) |
| Vitesse de chaîne | 24 m/s |
| Puissance de sortie | Non publiée par le constructeur |
| Longueur de guide | 25 cm (10″) |
| Pas de chaîne | 3/8″ LP |
| Jauge | 1,1 mm (0,043″) |
| Entraîneurs | 40 (chaîne 90PX, réf. 191H00-0) |
| Poids machine nue | 2,0 kg |
| Poids en ordre de marche | 2,8 à 3,2 kg selon la batterie |
| Réservoir d’huile | 140 ml, débit réglable |
| Pression sonore | 93 dB(A) |
| Vibrations | 2,5 m/s² (incertitude 1,5) |
| Frein de chaîne | Mécanique, avec coupure électrique du moteur |
| Équipement | Mode dopage 30 s, démarrage progressif, XPT, écrou captif, anneau de sécurité |
| Batteries admises | BL1820B à BL1860B (2 à 6 Ah) |
| Livraison | Machine seule, sans batterie ni chargeur |
Qui a encore intérêt à acheter cette Dolmar
Le grimpeur déjà équipé en Makita, d’abord. Celui qui possède quatre ou cinq accus LXT et veut une élagueuse légère sans changer d’écosystème. Pour lui, la machine nue devient une aubaine, et la couleur du carter ne change rien à sa journée.
L’élagueur en nacelle y trouve son compte, pour une question de fatigue. Deux kilos à vide, c’est un poignet qui tient la distance sur une journée de taille. Le reste de la gamme est réuni dans notre comparatif des tronçonneuses Dolmar.
Le particulier, lui, passe son chemin. Non que la machine soit mauvaise, mais la poignée haute lui est fermée sans formation, et une poignée arrière coupera mieux au sol pour la même somme. Les alternatives raisonnables tiennent dans notre sélection des meilleures tronçonneuses à batterie.
Ce que les acheteurs de l’AS1925Z demandent le plus
La Dolmar AS1925Z est-elle vraiment une Makita ?
Oui, dans les faits. Makita détient Dolmar depuis 1991, et l’AS1925Z partage sa mécanique et son équipement avec la DUC254Z. Les pièces de rechange portent des références Makita, ce qui règle la question du service après-vente.
Quelle batterie faut-il pour l’AS1925Z ?
N’importe quelle batterie LXT 18 volts, de la BL1820B de 2 Ah à la BL1860B de 6 Ah. Une 5 Ah couvre confortablement une matinée d’élagage. Le chargeur n’est pas fourni non plus, à prévoir si aucun outil Makita ne dort dans l’atelier.
Un particulier peut-il utiliser l’AS1925Z ?
Rien n’interdit de l’acheter, mais la documentation constructeur réserve son usage aux professionnels formés. Le geste, à une main et en hauteur, ne s’improvise pas. Au sol et à deux mains, une poignée arrière reste plus sûre et plus efficace.
Combien de coupes avec une charge sur l’AS1925Z ?
Aucun chiffre officiel n’existe, et les autonomies annoncées ici ou là varient du simple au double. Tout dépend de l’accu, du diamètre coupé et du recours au dopage, qui puise franchement dans la réserve.
Comment tendre la chaîne de l’AS1925Z ?
Par la vis latérale, l’écrou captif restant solidaire du carter pour ne pas le perdre en hauteur. Les premières heures allongent vite une chaîne sortie d’usine : notre guide pour tendre une chaîne de tronçonneuse donne le juste milieu, ni mou ni bridé.
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Jean-MiBûcheron et fondateur
Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.
Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.