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Stihl MS 500i W : test et avis de cette tronçonneuse à injection 79,2 cm³

    👤 Par Jean-Michel · ⏱ 6 min de lecture

    Regardez bien le sigle : un W, pas un VW. Sur les autres Stihl d’hiver, le V désigne le chauffage du carburateur. La Stihl MS 500i W s’en passe, et pour une raison imparable : elle n’a pas de carburateur à réchauffer. L’avis part de ce détail que personne ne relève, et qui dit tout de cette machine.

    Tronçonneuse Stihl MS 500i W à injection et poignées chauffantes
    4,6/5
    Notre note
    Stihl MS 500i W : l’injection n’a pas peur du gel
    🪵
    Cylindrée79,2 cm³
    Puissance5,0 kW (6,8 ch)
    💉
    AlimentationInjection électronique
    🔥
    ChauffagePoignées
    ⚖️
    Poids à sec6,3 kg
    🔗
    Chaîne3/8″, 1,6 mm
    Puissance de coupe4,9
    Démarrage & entretien4,9
    Maniabilité4,8
    Robustesse4,7
    Rapport qualité-prix3,8
    On aime
    • Poignées chauffantes, doigts opérationnels
    • Injection insensible au givrage
    • Reprise instantanée, même par grand froid
    • 5,0 kW pour six kilos trois
    • Ni starter ni vis de réglage
    On aime moins
    • Tarif au sommet absolu de la gamme
    • Dépannage impossible hors concession
    • Chauffage inutile en climat doux
    Pour vous si
    vous abattez tout l’hiver et vous voulez la machine la plus vive du marché.
    Pas pour vous si
    vous coupez en été, ou vous voulez pouvoir dépanner votre machine vous-même.
    Le verdict : la machine la plus aboutie du catalogue, augmentée du seul équipement qui lui manquait pour l’hiver. Son injection ignore le givrage par construction, ses poignées gardent les mains opérationnelles. Reste un tarif que seuls les professionnels peuvent amortir.

    Pourquoi la Stihl MS 500i W n’a pas besoin de chauffer son carburateur

    Le givrage guette toutes les thermiques par temps froid et humide. L’air se détend dans le carburateur, sa température chute brutalement, et l’humidité gèle sur les parois du circuit. Le moteur s’étrangle sans raison apparente, puis repart une heure plus tard.

    Les machines concernées portent un V dans leur sigle, pour le chauffage électrique du carburateur. Celle-ci s’en dispense complètement, parce que l’injection remplace le carburateur. Le carburant est pulvérisé directement, sans venturi ni détente d’air à cet endroit.

    La conséquence est élégante. Le problème n’est pas corrigé, il n’existe tout simplement pas. L’injection immunise la machine contre le givrage, ce qu’aucun chauffage électrique ne pourra jamais garantir aussi radicalement.

    Stihl MS 500i W en coupe hivernale dans une grume gelée

    Le W des poignées : ce que cette tronçonneuse chauffe vraiment

    Reste le problème des mains, que l’injection ne règle pas. Le froid réduit la circulation dans les doigts, la sensibilité tombe et la préhension faiblit. Une main engourdie tient mal une machine de six kilos, surtout aussi nerveuse que celle-ci.

    • Les deux poignées chauffent, l’avant comme l’arrière, à travers le gant.
    • La commande reste accessible sans lâcher la machine ni retirer les gants.
    • La consommation est marginale, une bobine dédiée alimente le circuit.

    Le bénéfice dépasse le confort immédiat. Une machine qui accélère au quart de tour demande une prise ferme, et un doigt gourd la contrôle mal. La chaleur des poignées devient une condition de maîtrise, pas un agrément de fin de journée.

    Le froid aggrave par ailleurs les troubles liés aux vibrations, ce syndrome des doigts blancs qui guette tous les professionnels. Une circulation sanguine préservée limite le risque sur une carrière entière. Des poignées tièdes protègent bien plus que le confort, elles protègent les mains elles-mêmes.

    5,0 kW intacts, cette tronçonneuse reste une 500i

    Sous le capot, aucune concession. Les 79,2 cm³ délivrent leurs 5,0 kW, la chaîne bondit à la seconde où le doigt appuie, et le rapport poids-puissance reste le meilleur du marché. Le chauffage n’ôte pas un watt à la coupe.

    Le démarrage garde sa simplicité désarmante. Ni starter à positionner, ni séquence à mémoriser, ni risque de noyer le moteur. Par moins cinq degrés comme par vingt, l’électronique enrichit seule le mélange et la machine part au premier geste.

    C’est précisément là que l’injection prend l’avantage en hiver. Un carburateur, même chauffé, demande une mise en route soignée par grand froid. Ici, le moteur ignore la saison, ce qui vaut tous les équipements du monde sur un chantier de janvier.

    Le rapport poids-puissance reste par ailleurs le meilleur du marché, toutes marques confondues. Six kilos trois pour cinq kilowatts, c’est une machine que les bras supportent du matin au soir. La légèreté ne se négocie pas quand la journée dure huit heures.

    Poignée chauffante et bloc injection de la Stihl MS 500i W

    Carburant : ce que l’injection de la MS 500i W exige

    Un système d’injection supporte mal les carburants médiocres. Les dépôts qui pardonnent sur un carburateur bouchent un injecteur, et la panne devient immédiate. La qualité du mélange n’est plus négociable sur ce type de machine.

    • Une essence toujours fraîche, jamais un fond de bidon oublié depuis l’automne.
    • Une huile deux temps de qualité, au ratio 1:50, sans approximation.
    • L’alkylat en hivernage, qui se conserve des années sans se dégrader.

    L’alkylat devient un investissement rentable sur une machine de ce prix. Il ne s’oxyde pas, ne laisse pas de gomme, et protège durablement le circuit. Notre article sur l’essence à utiliser détaille son intérêt réel.

    Le bois gelé, l’autre adversaire de la Stihl MS 500i W

    Un tronc gelé n’a rien à voir avec un tronc frais. Les fibres deviennent cassantes, la coupe projette des éclats, et la chaîne s’émousse à une vitesse qui surprend toujours les débutants. Le bois d’hiver use deux fois plus vite qu’une grume d’automne.

    La puissance disponible prend alors tout son sens. Là où une machine juste commence à peiner et à vibrer, celle-ci traverse la matière durcie sans que le régime ne bouge. La chaîne garde sa vitesse dans le gel, ce qui limite l’usure et la fatigue.

    L’affûtage devient un rituel plus fréquent, il faut l’accepter. Une gouge émoussée dans du bois dur fait vibrer la machine et remonte dans des mains déjà malmenées par le froid. Une gouge affûtée épargne les doigts autant que le rendement, et cela n’a rien d’une image.

    La MS 500i W, données constructeur

    Cylindrée79,2 cm³
    Puissance5,0 kW (environ 6,8 ch)
    Poids à sec6,3 kg environ (sans guide ni chaîne)
    AlimentationInjection électronique, sans carburateur
    ChauffagePoignées avant et arrière
    GivrageSans objet, aucun carburateur à protéger
    DémarrageSans starter, une seule position
    Guide d’origine50 cm
    Pas de chaîne3/8″
    Chaîne d’origine72 entraîneurs (guide 50 cm), 3/8″ Rapid Super
    Jauge1,6 mm
    Filtre à airHD2, longue durée
    MélangeDeux temps, ratio 1:50
    UsageAbattage professionnel, saison froide

    MS 500i W, MS 500i ou MS 462 C-M VW

    Trois machines encadrent ce choix, et la différence tient à la technologie d’alimentation autant qu’au chauffage. Le tableau montre où chacune trouve son terrain.

    ModèleAlimentationChauffagePuissanceLe bon choix si
    Stihl MS 500i WInjectionPoignées5,0 kWvous abattez en hiver et voulez la plus vive
    Stihl MS 500iInjectionAucun5,0 kWvotre saison de coupe reste clémente
    Stihl MS 462 C-M VWCarburateurPoignées et carburateur4,4 kWvous préférez une mécanique dépannable partout
    Stihl MS 661 C-MCarburateurAucun5,4 kWvous coupez du très gros bois par temps doux

    Le vrai débat oppose l’injection au carburateur chauffé. La première ignore le givrage, le second se répare dans n’importe quel atelier. Tout dépend de votre éloignement d’un atelier autant que du thermomètre, et les deux camps ont de bons arguments.

    Bûcheron d’hiver ou entrepreneur : qui rentabilise cette tronçonneuse

    Le bûcheron professionnel qui travaille toute la saison froide. Ses coupes se font hors sève, de novembre à mars, dans le brouillard et sur le sol gelé. Sa machine ne doit jamais hésiter. Les concurrentes sont réunies sur notre comparatif des meilleures tronçonneuses professionnelles.

    L’entrepreneur de travaux forestiers y voit un calcul simple. Une machine qui démarre au premier geste, qui ne cale jamais et qui garde les mains de ses équipes opérationnelles, c’est de la productivité mesurable sur une saison complète.

    Le bûcheron de montagne complète ce tableau. Au-dessus de mille mètres, la coupe se déroule par températures négatives et le matériel doit tenir sans discuter. Une panne à deux heures de marche du camion coûte une journée entière, et parfois davantage.

    Le particulier, même passionné, n’a rien à faire ici. Le tarif atteint des sommets que seul un usage quotidien peut amortir. Notre classement des tronçonneuses Stihl propose des machines à sa mesure.

    Ce qu’on demande sur la Stihl MS 500i W

    Pourquoi un W et pas un VW ?

    Parce que le V désigne le chauffage du carburateur, et que cette machine n’en possède tout simplement pas. L’injection électronique remplace le carburateur, ce qui supprime le risque de givrage par construction, sans aucune résistance à alimenter.

    L’injection craint-elle le froid ?

    Non, au contraire. L’électronique mesure la température et ajuste le carburant en conséquence, sans starter ni réglage. Le moteur démarre et tourne rond par températures négatives comme en plein été.

    Le chauffage réduit-il la puissance ?

    Non, une bobine dédiée alimente les résistances des poignées, sans rien prélever sur la coupe. Les 5,0 kW disponibles à la chaîne restent identiques à ceux de la version standard, hiver comme été.

    Quel carburant pour préserver l’injection de la MS 500i W ?

    Une essence fraîche avec une huile deux temps de qualité, au ratio 1:50. L’alkylat devient un vrai investissement sur une machine de ce prix, car il ne laisse aucun dépôt dans le circuit d’injection.

    Se dépanne-t-elle en forêt ?

    Non, et c’est sa seule vraie faiblesse. Aucune vis, aucun réglage, aucune pièce accessible. Une panne électronique impose le retour en concession, contrairement à un carburateur classique qui se bricole sur place.

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    À propos de l’auteur
    Jean-Mi, bûcheron et fondateur de Les-Tronconneuses.com 🪓

    Jean-MiBûcheron et fondateur

    Une tronçonneuse, ça se juge au bruit du moteur dans une bille de chêne, pas sur un argumentaire : trente ans de coupe m’ont appris à distinguer la bête increvable du bidon qui lâche au premier hiver. Depuis 2022, je compare les modèles thermiques, électriques et à batterie, ceux que j’ai en main comme ceux que je recoupe sérieusement, pour ne pas vous laisser payer la mauvaise machine.

    Mon parti pris : on choisit selon le bois, pas selon l’ego. Une bonne 40 cm³ bien affûtée travaille mieux qu’une grosse mal entretenue. La chaîne et l’affûtage comptent davantage que les centimètres cubes.